HISTOIRE NATURELLE.,. LIV. XXII. 607
rang ferré, &c avec symmétrie. Au reste, cette plante est sans ra-cines (4 6 ) ; elle croît parmi les rochers ombrageux (47), dans lesmurailles humides, & principalement dans les grottes où il y ades fontaines j ce qui est bien singulier dans une herbe qui sem-ble haïr l’eau, &' ne s’y mouille point quand on l’y trempe. Onemploie l’adianton avec succès dans la pierre & dans la gravelle (48 ).Le noir {45O , sur-tout, est un souverain remede dans ces mala-dies , pour faire rendre les graviers, & briser même les pierres :aussi suis-je persuadé que c’est plutôt à cause de. cette dernierevertu que les Latins Pont nommé saxifrage, qùe pàrcequ’il croîtdans les murs & parmi les rochers. On en donne en breuvageune pincée j c’est-à-dire ce qu’on en peut saisir avec trois doigts.L’une & l’aiitre especes font encore en usage pour provoquer lesurines (50), & font aussi très salutaires contre la morsure desserpents (51) Sc la piquure des araignées. Cuites dans du vin ,elles arrêtent les diarrhées. Une couronne faîte de ces plantesarrête les douleurs de tête ; & on les emploie en forme d’onguentpour remédier à la morsure des scolopendres ; mais il faut avoiríbin de les changer souvent, fans quoi elles deviendroient causti-ques. Employées de même dans l’alopécie, elles font recroîtreles cheveux. Elles ont d’ailleurs la vertu de résoudre les écroueî.les (52.), & de guérir les dartres du visage , ainsi que les ulcereshumides de la tête. Leur décoction (5 3) convient dans l’asthme ,dans les maladies du foie & de la rate, dans la jaunisse Le l’hydro-pilïe. Réduites en liniment avec de l'absinthe, elles remédientaux difficultés d’urine & aux maux de reins. De plus, elles fontfort utiles pour provoquer les réglés, & faire sortir l’arriere-faix ( y 4). Prises en breuvage avec du vinaigre, ou avec du sucde ronce, elles arrêtent les hémorrhagies (55). On en fait un
(51) Diofcoride, ibid. (5 3) Dioscoride, Ibid,
( 5 z) Dioscoride & Galien , ìbld. (54) Dioscoride, ibid.ibid . (55) Dioscoride, ibid.