HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 6 zy
ainsi que sa racine , qui est douce au goût. Aussi Eratosthenedit-il que les pauvres gens en mangent dans leurs repas. On at-tribue à cette plante une vertu singulière pour provoquer les uri-nes ; & l’on prétend quêtant appliquée avec du vinaigre, elle gué-»rit les dartres & la gale. Etant prise dans du vin, c’est un ai-guillon de volupté qui irrite les désirs, êz qui allume dans le cœurle feu de l’amour, suivant le témoignage d’Hésiode (63) & d’Al-cée (64), qui disent , que quand cette plante fleurit, les cigaleschantent plus fort, les femmes font fort amoureuses, & les hom-mes au contraire le font peu (65) ; de forte qu il semble que laNature ait voulu dans ce te m s pourvoir aux besoins des unes ,en ranimant l’ardeur des autres par le moyen de cette plante, quiest alors dans toute ; fa force. Sa racine remédie à la mauvaiseodeur des aisselles : pour cet effet, on en fait bouillir une once ,après qu on en a ôté' la moelle , dans trois hémines de vin deFalerne , jusqu à la diminution du tiers ; l'on prend un cyathe decette décoction à jeun, en sortant du bain , &í un autre cyatheaprès le repas. L effet de ce breuvage est bien merveilleux, si l’onen croît Xénocrate, qui dit avoir reconnu par expérience qu’ilemporte & chasse au dehors la puanteur des aisselles par la voiedes urines.
Le sonkkos ( 66 ) ou laitron, est une herbe qui le mange aussi,comme les précédentes. En effet nous voyons , chez CallimaqueHécale (67) présenter au Héros Thésée du sonkhos à table. On
de. Voyez le paííage de ce Poète,rapporté ci-devant note 6 3,
( 66 ) Dioícoride, liv. 2 , p. 159,.reconnoît deux sortes de sonkhos ,l’un sauvage, l’autre cultivé & comes-tible. Galien, liv 8 , de Fac ., Simp.Med. p. 131 j mer au nombre des co-mestibles même le sonkhos sauvage ;en François, laitron; en Latin vul-gaire , palatium leporis. Voyez Dodo-
née, p. 6 3 r.
(67) C’est l’Héroïne d’un Poëme deCallimaque , aujourd'hui,, perdu , àl’exception de quelques vers cités patle Scholiaste d’Arxstophane, inAcharn.p. ; 377- ' Voyez aussi Stephanus, mAÌ<T(4»Ç 3 le Scholiaste de Nicandre,in Theriac. p. 41 ; & l e Scholiaste deCallimaque lui-même fur le vers 106de l’Hym.ne à Apollon, On trouveK k k k ij