HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 66z
foudre les dépôts. On la fait cuire quelquefois dans de l’eaumiellée, ou avec des figues feches , pour de semblables usages.Elle convient auffi dans les douleurs du foie ; mais quand il s’agitde l’appliquer pour cette maladie, il faut la faire cuire dans duvin ou de l’oxycrat. Est-on incertain fi l'on doit résoudre ou ame-ner à suppuration, il est plus à propos de l’employer cuite avecde la lie de vinaigre , ou du vinaigre même , ou bien avec descoings ou des poires. Cuite avec du miel , elle remédie à lamorsure des chenilles venimeuses ; avec du vinaigre, elle guéritcelles des serpents ; & avec de l’oxycrat, de la résine , & desnoix de galle (io), elle mûrit les abcès, & les Fait supputer (i i).Avec la résine seule elle cuit les tumeurs dures, & guérit lesulceres invétérés. De plus, elle est bonne pour résoudre les du-retés (ia), étant appliquée avec de la fiente de pigeons, ou desfigues feches , ou de la cendre. Avec du pavot, ou du mélilot,elle appaise les inflammations des nerfs &: des intestins , lesdouleurs de côtés (13), celles des parties de la génération, &produit encore de bons effets dans les cas particuliers où leschairs se séparent des os. On l’applique avec de la poix , deshuile , & de surine d’enfant pour guérir les écrouelles ; avecdu fénu-grec (14), pour dissiper les enflures des parties voisinesdu cœur (15), ôc s’il y a fievre , avec du miel, ou de la vieillegraisse.
La farine du froment appellé en Latin triticum s vaut mieuxque ía précédente pour adoucir & faire mûrir les dépôts. Onl’applique avec du suc de jusquiame pour les maladies des nerfs ( 1 6 ),& avec du vinaigre & du miel , pour les taches de ronfleur duvisage (17). La farine de l’épeautre , ou \ea , dont on fait lafromentée nommée alica , comme nous savons dit ailleurs (18),paroît auffi avoir plus d’efficacité que celle de forge. Mais celledu triticum de trois mois est plus douce & plus légere (ip). On
(O) Nous avons parlé du triticum de trois mois au liv. *8 , chap. 7.