HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXII. 689
Quant aux propriétés de l’ers ou orobe (131), nous en avonsdéja touché quelque chose à l’article de ce légume, dans le livreoù il est parlé des bleds (132.). Les Anciens vantent beaucoup sesvertus, & prétendent qu elles ne cedent en rien à celles du chou.On l’applique avec du vinaigre pour la morsure des hommes, &pour celle des serpents &: des crocodiles (l; z). Des Ecrivains degrand poids assurent que l’orobe (134), mangé tous l es jours àjeun, désenfle & diminue considérablement la rate. Sa farine estemployée utilement pour les taches de la peau (133)5 soit an vi-sage , soit aux autres parties du corps. L’ers combat encore lamalignité des ulceres corrosifs, & remédie très efficacement auxtumeurs des mamelles. Appliqué avec du vin, il fait mûrir &:percer l’abcès que l'on nommé anthrax (137) ou charbon. Rôti,& pris en électuaire avec du miel, à la grosseur dune aveline,il produit de bons esters pour les difficultés d’urine (138), lesgonflements ou statuosités des intestins, le ténesme, les maladiesdu foie, & dans cet état dangereux, que l’on nomme atrophie (139),où les aliments ne profitent point, de forte que le corps, privédu suc nourricier, est languissant, décharné , & tombe en con-somption. Pour les dartres f on le cuit dans du vinaigre,-&Jon en fait un cataplasme que l’on n’ôte qu’au quatrième jour.Pour empêcher la suppuration dans les tumeurs érysipélateuses ,on l’applique avec du miel (140). La décoction d’ers (41), em-ployée en fomentations, guérit les démangeaisons & les enge-lures. De plus , on prétend que si l’on en boit à jeun tous lesjours (142.), elle embellit le teint, & lui donne de la fraîcheur& de la vivacité. Mais ce légume est une nourriture peu faine ;car il rend la tête lourde, charge l’estomac , excite le vomisse-ment (143), agite les intestins, & cause des pesanteurs aux ge-noux (144). Néanmoins on peut l’adoucir &c le corriger , en le
( 141) Dioícoride , ibid. 1 . 6, Epìdem. sect. 4, tex. 1 3 , p. 490,
(143) Dioscoride , ibid. tome 9 : opoCopuyío'sìíç , &c. Qui ervum
(> 4 st Confirmé par Hippocrate, comedunt , genuum dolore confli clan tur.Tome VU, Ssss