HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXIII. )
tirât plus de secours des productions qui font les plus éloignées duciel, & qui n’ont paru que les dernieres. Dlailletirs, en offrantaux hommes les fruits des arbres, qui furent leur premiere nour-riture ( 3 ), elle leur fait tourner leurs regards vers les cieux (4),Se semble les avertir qu’ils peuvent encore fe passer de bled, puis-que ses bienfaits seuls suffisent pour leur subsistance.
Mais de tous les arbres ou arbrisseaux quelle fait naître pournotre usage, ce font les vignes quelle s’est plu à enrichir davan-tage des propriétés les plus utiles Le les plus merveilleuses, outreles différentes formes 8e préparations dont elle les a rendues sus-ceptibles pour le plaisir des sens, comme, par exemple, le ver-jus , Se ces parfums ou essences précieuses qui fe composent avecVomphacium (3), Yœnanthe (6) Le le massaris (7), ainsi que nous sa-vons remarqué en son lieu (8). L'est à mes foins, semble direcette Déesse bienfaisante , que les mortels doivent la plupart desagréments Le commodités de 1-a vie. C’est moi qui fais couler l’huileLe le vin pour leur usage ; c’est moi qui fais mûrir en leur faveurles dattes, les poires Le les pommes de toute efpece, Le tant d’au-tres fruits délicieux, Le si admirablement diversifiés dans leur for-me Le leur faveur, fans qu’il soit besoin , pour jouir de ces avan-tages , d’essuyer les travaux par lesquels il semble que la Terre aitvoulu faire acheter fes moissons. Car avant qu on puisse recueillircelles-ci, Le en faire usage , il en coûte des peines Le des foinsinfinis. II faut d’abord une charrue , Le des taureaux pour la tirer 3après quoi, il ne suffira pas d’avoir labouré : la récolte faite , ilfaut battre le bled dans la grange, Le le moudre ensuite, à laidedes meules (9), pour qu’il devienne enfin un aliment utile Le sa-lutaire. Pour moi, je donne tout gratuitement ; chacun peut aisé-ment profiter de mes largestes. II n’est pas besoin de fie courberpéniblement pour cultiver mes fruits (10). Ils fe présentent 3 iisinvitent, Le tombent même de l’arbre, fi l’on ne veut pas fe donnerla peine de les en détacher : tels font les bienfaits de Pomone»C’est ainsi quelle a voulu fe surpasser elle-même en libéralités,