HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 41
tems auquel il convient le mieux de le boire, est lorsqu’il n’estni trop vieux, ni trop nouveau. Car c’est en l'on moyen âge qu’ilflatte le plus délicieusement le goût.
Ceux qui veulent acquérir de l’embonpoint (106),ou avoir leventre libre , doivent boire plusieurs coups pendant leur repas.Ceux au contraire qui se trouvent trop replets (107), & ceuxqui souhaitent d’avoir le ventre moins libre , doivent s’abste-nir de boire en mangeant , & boire feulement un ou deuxcoups après avoir mangé. C’est la coutume depuis plusieurs an-nées (108), de prendre du vin à jeun, pour se donner des for-ces & de la vigueur (1051), quand on se dispose à aller au com-bat , ou â méditer sur quelques affaires sérieuses : mais c’est uneprécaution plus capable de nuire que de faite du bien. Néan-moins c’étoit déja l’uíage anciennement d’en prendre à jeun ,pour se procurer le sommeil & chasser les soucis & les craintes,comme on le voit par cet endroit d’Homere (109*), où Héleneen présente avant le repas. Le vin, dit un ancien proverbe (110),égare la raison & sait trébucher la sagesse. C’est le vin qui faitque de tous les animaux ( 111 ), l’homme seul boit sans soif. Aureste, quand on boit du vin dans un repas, c’est une très bonnepratique d’avaler quelques verres d’eau par intervalles (112.) 5 Scmcme de boire, en sortant de table , de celle qui viendra d’êtrepuisée à la fontaine (113)5 car il n’y a rien de meilleur que l’eaufraîche pour dissiper l’ivrefle (104) , ôd abattre tout d’un coup lesfumées du vin.
Si l’on en croit Hésiode ( 115 ), il est bon de boire du vinavec de l’eau vingt jours de fuite avant la Canicule , & de con-tinuer ainsi vingt autres jours après le lever de cette constella-tion. Le vin pur est un excellent antidote contre les mau-vais effets de la ciguë (116), de la coriandre, de l’aconit, du
protinus febrem somno & sudore discujjìt. (116) Tout cela est confirmé far
(x 15) Hésiode,Ep>wr,v. (94. Dioscoride, liv. 5 , chap. 11.
Tome FUI. F