HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII. 49
appellée par les Grecs duspnoia ( 140 ), lorfqu’elle est accom-pagnée de fievre. Le vin bailleurs est trcs contraire dans les casoù le malade a les yeux fixes & fans mouvement, ou lorsqu’il ales paupières immobiles (142.) , ou foibles & pesantes. II faut auííìl’interdire à ceux dont les yeux étincellent (143) malgré le rap-prochement des paupières, ou qui ne peuvent les fermer entiè-rement , ou qui les ont ainsi entrouverts en dormant , enfin àceux qui les ont rouges & enflammés, ou chassieux (144). II est' encore trcs nuisible aux malades qui ont la langue épaisse & pâ-
teuse, ou engourdie au point de n’articuler qu imparfaitement ; demême qu’à ceux qui ont des difficultés d’urine, ou qui font su-jets à des terreurs subites, ou â ceux qui éprouvent des mouve-ments convulsifs, ou qui font en léthargie , ou qui ont des écou-lements de semence pendant leur sommeil.
Mais dans les foiblesses de cœur & les douleurs d’estomac, levin est fans contredit le plus puissant de tous les remedes (145).Néanmoins les sentiments font partagés fur le tems auquel ilconvient de l’administret dans ces maladies. Car les uns le ju-gent nécessaire au plus fort du mal, pour arrêter les sueurs (146),les autres au contraire prétendent qu’il est plus sur de ne ledonner que fur la fin ; & c est f opinion du plus grand nom-bre. Mais pour qu’il produise un bon esset , quand on en faitprendre au malade, il faut lui donner à manger en même rems ( 147),ou en mêler avec sa nourriture, &: prendre garde de ne lui en pointfaire boire d’abord après son sommeil, ou après qu’il a avalé quel-
ce qui ne signifie pas que le salut ducardiaque est de boire & de suer ; maisque e' est là malheureusement sa viehabituelle , son état journalier. Or detoutes les boissons, celle qui assoiblitle moins, & provoque le moins à lasueur, e’est le vin ; & c’est pourquoiles Anciens l’ont recommandé dans lesfoiblesses de cœur.
Tome FUI .
(147) Celsus , liv. 3 , chap. 19 :Cardiaci morbi curatio .. . Tertium au-xilium ejl j imbecillitati jacentis vinociboque succurrere .... Nis autem ne-ceffeejlj ad vinum festinare- non opor-tet. Si verendum ejl , ne deficiat , tum& intrita ex hoc : & hoc ipfium auste-rum quidem j fied tamen tenue , mera-cum.
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