HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIII.
l’expérience fit voir qu’onnes’étoit pas trompé. Ausli ceux qui sucentquelque piquure ou morsure venimeuse , ne se servent que decette liqueur pour se rincer la bouche ( 174). Au reste, la vertupénétrante du vinaigre n agit pas fur les aliments seuls, mais furun grand nombre d’autres choses. Telle est fa force òc son activité ,qu’il brise & calcine les rochers que le feu même n’a pu dissou-dre (17y). Au moins est-il certain qu’il n est point d’assaisonne-mentsi agréable ni fi piquant pour les viandes, que cette liqueur:&: quand on l’emploie à cet usage, il est très facile de Tadouciravec un peu de vin , ou du pain rôti, ou même avec du sel ; &si l’on veut au contraire l’aiguiser, ou lui donner plus de force ,011 mêle du poivre ou du laser. On me permettra de raconter iciun fait singulier &: remarquable, qui a quelque rapport à la ma-tière que nous traitons. Marcus Agrippa, dans les dernieres an-nées de fa vie, avoir la goutte aux pieds ; & comme il íouffroitdes douleurs insupportables , un Médecin , pour finir ses tour-ments , employa , à l’insu d’Auguste , un expédient ausli violentqu’extraordinaire , qui fut de lui faire tremper les jambes dansun bain de vinaigre chaud ( 176 ), au plus fort de son mal ;
phanti etiam deduci possent. Acetosolutos Eleutherarum muros narrat Diojlib. 36 ,pag. 8. Nec sane diffitetur Ga-lenus hanc ine[jc aceto vim , lib. i , deFac. Simp. Med. cap. 1 x , pag. 16 , utinflar ignis , lapides } fictilia as , fer-rum j plumbumque } pervadat ac pene-tret. Ac ne veteribus tantum exemplisagamus hac ipsa indufiria usum -hocnofi.ro avo Principem Guifium , utmurum solveret 3 auctor ipse eft in Com-mentariis rerum à se geftarum in Nea-politana expeditione.
(176) Celsus en pareil cas recom-mande de baigner la partie souffrantedans de la saumure, livre 4 , chap. 14.II prescrit aussi , ibid. s’il y a tumeur éc
Tome FUI.
chaleur véhémente, de plonger lamain ou le pied malade dans de l’eaula plus froide qu’iì soit possible d’avoir 3mais il ne veut point qu’on pratiquecela , ni tous les jours, ni long-tems,de crainte d’offenser le genre nerveux.Ce danger que l’on court mérite assu-rément qu’on n’usede ces sortes de re-cettes qu’avec beaucoup de circons-pection. Mais on s’expose encore parelles à un risque plus grand, qui estde répercuter l’humeur , Lc de faireremonter la goutte. C’est à quoi sur-tout le Médecin d’Agiippa exposoitson malade. L ' Hifioire des Plantes desenvirons de Paris offre plus d’une re-cette , tirée des simples, contre ce mal
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