HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXIV. l6r
ennemies de l’eau. Les taches de gomme font aisément enlevéespar le vinaigre, celles d’encre par l’eau pure. Enfin il est uneinfinité d’autres sympathies &: antipathies que nous aurons foinde faire remarquer en leur lieu.
De là s’est formé la médecine. Les seuls remedes que la Na-ture nous avoit d’abord destinés , qu elle tenoit tout préparés fousnos mains, quelle avoit rendus si aisés à trouver, & quelle n'a-voit assujettis à aucune dépense , c’étoient les substances mêmesqui nous fervent d’aliments. L’artifice, l’intérct s’en font mêlésdepuis : ils ont inventé ces atteliers de pharmacie, où, fous pré-texte de nous conserver la vie, on nous la fait acheter. On entendtout-à-coup vanter des mélanges &. des compositions où l'on necomprend rien : on met publiquement à prix les productions sus-pectes (y) de l’Arabie & de l’Inde : le remede du moindre ulcere fetire de la mer Rouge, tandis que les seuls vrais remedes feroientles productions les plus communes, celles qui entrent journel-lement dans les aliments du pauvre. On fe sigureroit la médecineavilie , ii elle ne tiroir les médicaments que du jardin le plus pro-che , si elle n y employoit qu une herbe ou un arbrisseau ordinai-res. Nous en sommes venus là : Rome , en étendant son em-pire, a perdu fes usages propres (8), & nos victoires mêmes nousont mis à la discrétion des vaincus ; nous voilà soumis à des étran-gers , puifqu'ils exercent un art qui commande hautement auxEmpereurs mêmes (9). Mais c’est ttop nous étendre fur cet abus,que nous aurons encore ailleurs (10) occasion de relever.
soumis à des Médecins étrangers dont autre chose.
fart commande même à nos Maîtres. (10) Et notamment au commence-II est évident que Pline a voulu dire ment du livre 29.
Tome FUI.
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