HISTOIRE NATURELLE, L 1 V. XXIV. 187
Nous avons fait voir, en traitant du vin, &: ensuite- a l’arti-cle des arbres, que la résine provenoit de ceux dont nous venonsde parler (46) : nous en avons auífi fait connoître les différentesefpeces (47J, & les pays d où elles viennent. II y a deux princi-pales efpeces de résine , la feche & la liquide. La feche fe tire dupin & du picea (48) ; la liquide du térébinthe , du larix , dulentifque &c du cyprès ; car ces deux derniers arbres donnent aussiune résine dans notre Province d’Asie (49), & dans la Syrie (50).C’est une erreur de croire que la résine du picea soit la mêmeque celle du larix. Celle que donne le picea est une résine grasse& chargée de sucs concrets comme l’encens ; la résine du larix estdélayée comme le miel (y 1), & dune odeur forte. Les Médecinsemploient rarement la liquide , & la font prendre presque toujoursdans un œuf. La résine du larix est employée contre la toux ,&£ contre les ulceres des intestins. On fait peu d’ufage de cellede pin. On n use des autres que cuites ; & nous avons suffisam-ment traité des distérentes maniérés de les cuire (5 z).
De ces diverses productions des arbres résineux, je préféreraisla térébenthine , qui est la plus légere , & qui a le plus d’odeur.Les plus estimées d’entre les résines étrangères , font celles deCypre de Syrie , qui toutes ont la couleur du miel de l’Atti-que. La résine de Cypre a le plus de substance , & est la plusfeche. On cherche dans ces substances feches , quelles soientblanches , pures & transparentes. Dans toutes (53), celles quicroissent fur les montagnes font préférées à c«stes des champs ;celles qui font exposées au nord (54), a celles qui ont toute au-tre exposition. On fait dissoudre la résine dans de l’huile pour lesblessures, Ôc elle entre dans les cataplasmes , pour Pufage inté-rieur ; en boisson , on la broie avec des amandes ameres. Ses
pitre 10 , a dit, en parlant du larix:Plusculum huic erumpit liquorismel-leo colore , atque lentiore nunquam du-rescentis.
(51) Au liv. 16 , chap. 1 o.
(53) Théophraste , liv. 9, chap. r.
(54) Théophraste, ibid.
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