HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXIV. 193
faire engendrer des enfants auíîi beaux que portés au bien, n’estpoint une plante, mais un mélange composé de noyaux de pom-mes de pin broyés avec du miel, de la myrrhe, du safran, & duvin de palmier, auquel on ajoute la plante nommée theombro-tion (2.4), & du lait. On en fait boire à ceux qui se disposent àêtre peres, & aux femmes nouvellement accouchées qui nourris-sent leurs enfants : ceux-ci deviennent par ce moyen bien confor-més de corps & d’esprit, &c de fort honnêtes gens. Démocrke ajoint à ce catalogue de plantes les termes magiques propres à cha-cune. Apollodore , son disciple ou son partisan, y ajoute l’herbenommée œschïnomene (2.4*), parcequlelle retire ses feuilles aussi-
ont du rapport avec elle par l’arran-gement de leurs feuilles, en ont aussi
Í iar cette propriété , qui ne différé danses unes ou les autres que par un peulus ou un peu moins de vivacité &e promptitude : ce mouvement n’esspas le seul que l’on ait observé dansles plantes ; elles en ontd’autres, mê-me de plus singuliers que celui dont ils’agit, & qui n’ont été ignorés si long-temSj que parcequ’il faut chercher às’en assurer pour les recon noître. L’onne doit pas ainsi être surpris de cequ’ils étoient entièrement inconnusaux anciens Naturalistes , qui ne con-^ noiífoientguere qu’une ou deux autresplantes différentes de la sensitive quifissent poroître quelque espece de sen-timent. Théophraste parle d’un arbrequi ressemble au rosier, qui croît dansl isse de Tylos, en Arabie. Cet arbre ,selon cet Auteur, ferme & resserre sesfeuilles pendant la nuit j il commenceà les épanouir au lever du soleil ; ellesfont entièrement étendues à midi :elles restent dans cet état jufqu’à cequelles se rapprochent le soir ; ce queles habitants , continue Théophraste ,appellent dormir. Le même Auteur,
au livre quatrième , chapitre troi-sième de son Hijioire des Piantes , at-tribue la même propriétés une planteépineuse , semblable à la fougere, se-lon la version de Gaza, ou à des plu-mes , suivant celle de Pline. Lorfqu’onvient à toucher les rameaux ou lesfeuilles de cette plante, elles devien-nent arides & languissantes, se resser-rent , se compriment , & quelquetems après reverdissent & reprennentleur premiere vigueur. Cet arbre croîtau Grand Caire, & est si gros, quetrois hommes peuvent à peine l’em-braster. Pline rapporte encore imfaitplus singulier du lotus. II prétend qu’iise plonge entièrement le soir dans,l’Euphrate , près duquel il naît, deforte que l’on ne sautoir l’atteindre dela main. II fort de ce fleuve au leverdu soleil. S’il croît dans des endroitséloignés de l’eau , il enveloppe le soirsa fleur & son fruit de ses feuilles, &cles découvre le lendemain.
Depuis la découverte du NouveauMonde , le nombre des plantes sensi-tives s’est beaucoup augmenté. Les Na-turalistes de ce tems parlent de quel-ques-unes de ces plantes. On lit dans