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Tome huitieme.
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i 94 naturalis historia lib. XXiy.

folia contraheret. Aliam crocida, cujus tactu phalangiamorerentur. Cratevas œnotlieridem, cujus aspersu è vino

Gardas ab horto 3 que certaines plan-tes anonymes dont les fleurs font jau-nes & les feuilles semblables à cellesdu polypode , Sc qui croissent en Ma-labar , retirent leurs branches auflì-tôtqu’on les touche. Monard,Méde-cin de Séville , fait mention de deuxplantes semblables, Tune, qui s’ap-pelle en Espagnol gayarene } ou ceva-dilla 3 fe couche & fe flétrit lors mêmequ’elle est dans fa plus grande force , sion la touche; l’autrese retire & se repliefur elle-même comme un chou crêpé, sion vient pareillement à la toucher. Ni-colas de Conti, dans Poge le Florentin,raconte qu’aux Indes Orientales , en-tre Bifnagar Sc Malepur , dans la Pro-vince de Pudefetan , qui est proche dela mer, il croît un arbre haut de troisbrasses , appelle arbre honteux , par-cequ’il retire les branches loríqu’onen approche assez près pour les tou-cher. L’arbre triste de Goa Sc de Ma-laca a été connu dès-lors par la pro-priété que ses fleurs ont de s’épanouirla nuit, & de fe fermer le jour.

A proportion que les voyages & lesnavigations fe font multipliés , noseonnoissmees font accrues ; elles fefont même redresiées ; elles fe fontastermies : on fait le vrai & le faux dece phénomène; l’on a même décou-vert par quel méchanifme il s’exécute.Et s’il y a encore quelque chose à dési-rer dans cette explication, elle est dumoins assez satisfaisante pour conten-ter tout homme moins disscile que cePhilosophe Malabar, dont il est parlédans quelque relation des Portugais ,A gui perdit la tête, ne pouvant trou-

ver la cause de ce mouvement dans lesfleurs d’une plante dont les feuillesressemblent à celles de Pers, ou auxpruniers du Polypode, Sc dont la fleurest jaune , suivant ces mêmes rela-tions. Nous savons de plus que lesfeuilles , les branches Sc les pétales nefont pas les seules parties auxquelleson peut attribuer du mouvement.Les etamines, le pistil, Sc les fruits decertaines plantes, en ont un qui estplus ou moins sensible. Tous ces mou-vements ne font pas cependant lesmêmes ; ce n'est pas dans toutes, com-me dans la sensitive, un mouvementde contraction tk de rellerrement : ilest élastique dans les unes, dansd’au-rres c’est une vraie translation d’unlieu dans un autre. Nous parlerons deces trois mouvements dans cet ordre.

On appelle mouvement de contrac-tion Sc de resserrement celui qui estoccasionné lorsque l’on touche unepartie quelconque d’une plante; quecette partie s’éloigne du corps qui latouche, &c que, atvmdonnée à elle—même, elle fe rétablit dans son pre-mier état. Ce mouvement est celui,non seulement des feuilles de la sensi-tive , que l’on a appellée par excel-lence arbrisleau sensible, mais de celleque l’on a caractérisée par sa lenteur àse mouvoir , & de celle que l’on ap-pelle tardive , pareeque ses feuillesfont un certam te m s à s’appliquer lesunes contre les autres après qu’on lesa touchées. Ces trois eí'petes ne fontpas les seules de ce genre qui aientcette propriété. On la remarque dansjoutes les autres, Sc même dans toutes