HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXIV. Z<}$
tôt qu’on -en approche la main; &c la crocis (25), dont le seul at-touchement sait mourir les araignées phalanges. Cracevas y joint
les plaintes de cette «lasse, commedans les aeracias , les tamarins, les sé-nés, les caisses , la poincillade, danscelles qui portent le nom de Bauhin ,de Parkinfon , de Guitandin , de Cé-salpin, en un mot, dans routes leslomentacées , c’est-à-dire dans les plan-tes qui approchent, par la fleur, de cesdernieres , comme on peut rassurer ,d’après les expériences qu’il est facilede répéter tous les jours, & d’aprèsla réglé générale que M. Lin meus aétablie dans fa Philosophie Botanique,non seulement par rapport aux plan-tes de cette claste , mais à celles de laclaste des papilionacées, qui renfer-me les trèfles, les cytises, les genêts ,les réglistes, les pois, les feves, lesharicots , & tant d’autres qui compo-sent cette nombreuse famille de plan-tes.
11 ne faut pas croire cependant queces plantes replient leurs feuilles 8cbaissent leurs branches dès qu’ellessentent quelque corps qui les touche,comme font les sensitives les plus fen -íibles : on ne connoît guere que Yal-léluìa ou 1 ’oxalis à feuilles rangéesfur un pédicule commun en forme deplumes qui aitce mouvement, commele rapporte M. Lemery dans fa dister-tation fur la fécondation des plantes.» Celle-ci , 8c quelques sensitives ,» dit cet Auteur , replient, au pre-
>, mier attouchement, leurs feuilles $-- elles les jettent en dehors , peu-- après elles les étendent, & l’on di-ra toit qu’eíles feroient douées de la» vie 8c du sentiment». Les autresplantes ne font sensibles qu’aux effets& aux changements de i’air, c’est-à-dire que loríque le ciel fe couvre, qu’ilpleut, ou que le soleil va descendresous l’horifon. Dans tout autre teins,on a beau toucher ces plantes, ellesne donnent aucune-marque de mou-vement j mais dès qu’il arrive quel-ques changements de cette nature ,elles ne tardent pas à en être affectées.II est indifférent alors qu’elles soientà l’air ou renfermées dans des serreséclairées par le soleil, ou dans dessouterrains privées des rayons de cetastre. C’est ce que MM. Duhamel 8cBuffon ont démontré évidemment parleurs expériences fur le mouvementde la sensitive ordinaire. On auroit,avec ces Messieurs, imaginé que'desplantes aussi susceptibles des impres-sions de l’athmosphere, l’auroient étéaux écoulements de la matière magné-tique , 8c de celle des corps odorants.Leurs expériences font contraires àcette idée. Une matière qui agit furun métal aussi pesant que le fer , nepeut rien sur des parties aussi mobilesque font celles de la sensitive la plussensible : les parties fines & déliées
( 25 ) Le Pere Hardouin juge quecette plante étoit ainsi nommée à co-lore croceo , de fa couleur safrannée.Mais cette couleur étoit—elle inhérente
à la fleur, aux fruits, ou à la décoctionde la plante ? c’est ce qu’on ignore, 8cpersonne aujourd'hui ne connoît lacrocis.
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