HISTOIRE NATURELLE, LIV.XXV. Z Z Z
n’y a rien qu’on ne pût faire par la force la vertu des plantes ;mais que les propriétés du plus grand nombre nous font incon-nues. C’étoit le sentiment d’Hérophile, Médecin célébré, donton rapporte ce mot : Que certaines herbes étoient utiles mêmelorfqu’on les avoit foulées aux pieds. On a du moins observéque les blessures & les maladies s’enstammoient quand il furve*noit des gens qui avoient fait quelque voyage a pied.
Telle fut l’ancienne médecine , dont les Grecs s’emparoientexclusivement, la pliant, en quelque forte, à leurs divers dia-lectes. Or ce qui fait qu’on ne connoît pas un plus grand nom-bre de plantes , c’est quelles ne font guere éprouvées que pardes gens rustiques & ignares , les seuls qui vivent au milieudes herbes. A quoi l’on peut ajouter le grand nombre de Mé-decins que l’on rencontre par-tout ; ce qui dispense des recher-ches. Plusieurs plantes qui ont été découvertes n’ont point encorede nom, comme celles dont nous avons fait mention à l’articledes grains ( 18), & que nous savons écarter les oiseaux d’un champde bled, lorfqu’on a la précaution d’en enterrer à chaque coinde la piece. La cause la plus honteuse pour nous du peu de plan-tes dont on jouit, c’est que ceux même qui les connoissent neveulent pas instruire les autres, comme íi les connoiífances qu’ilspourroient communiquer feroient perdues pour eux. Joignons àroutes ces difficultés , que les moyens de reconnoître les plantesfont encore équivoques , d’autant que de celles qui font connues, lehasard en a découvert une partie , &: que c’est à Dieu (15)), pourparler vrai, qu’est due la découverte des autres.
La morsure d’un chien enragé ( 2 . 0 ) , laquelle donne tant defrayeur de l’eau & d’éloignement pour toute efpece de boisson, aété jusqu à nos jours un mal incurable. II y a peu de tems que lamere d’un Garde-Prétorien (aï) fut inspirée en songe d’envoyer à
(20 Nous avons déja traité de la rons encore au !iv. 29 , chap. 5. Voyezrage, liv. 8 , chap. 40, & dans les ad- en outre la Table des Maneres,dirions du tome z , & nous en traite- (21) Voy. Pline lui-même, 1 . 8 , c. z.