HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXV. 3 3 J
son fils de la racine du rosier sauvage nommé cynorrhodon (2,1)dont la vue savoir frappée agréablement la veille, dans son ver-ger , & de lui en faire boire le suc. Ceci se paísoit en Catalogne,partie de l’Espagne la plus proche de nous. Le hasard fit que lesoldat mordu par un chien reçut la lettre où sa mere le prioitde suivre son inspiration, comme il commençoit à marquer del’horreur pour seau. II obéit & fut sauvé contre toute espérance,ainsi que sont été , depuis, tous ceux qui ont essayé le mêmeremede. Les Auteurs nindiquoient auparavant pour la médecinequun seul usage du cynorrhodon : on disoit que la chute despoils de la tête se réparoit en la frottant avec la cendre de lapetite éponge qui croît au milieu de ses épines (2,3), incorporéedans du miel. J’ai vu dans la même Province, & dans le champd’un homme chez qui je logeois, l’arbuste nommé dracunculus {1 4)qu on y avoir nouvellement découvert. II étoit de la grosseurdu pouce, tavelé des mêmes couleurs que la peau des viperes3& son prétendoit que c étoit un spécifique contre toutes les sor,tes de serpents. II est différent des plantes du même nom, dontnous avons parlé dans le livre précédent (2.5) : il est d’abord d’uneautre figure, & il a d’ailleurs d’autres propriétés qui ne font pas moinsadmirables , puisqu à la premiere mue des serpents, lorsqu’auprintems ils changent de peau, il s’éleve fur terre à la hauteurd’environ deux pieds , & s’y renfonce ensuite avec eux, maisdune maniéré lente , Sc non en entier, en forte que le serpentcommence à reparoître avant que cette plante touche au dernierterme de soccultation. Propriété qui est un don de la Nature,assez précieux en lui-même, quand il ne feroit que nous avertirdu danger, & nous en annoncer le tems.