HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXV. Z 69
de Zénonj & que chez nous D rufus (59), qui fut le plus distin-gué des Tribuns du peuple, le même qui reçut à Rome desapplaudissements publics, Sc que les Patriciens (60) accusèrent d’a-voir causé la guerre des Marfes (61) , fut délivré par ce rernededu mal caduc dans l'Iste d’Anticyre. C’est là qu on en use en essetavec plus de fureté qu’ailieurs, parcequ on le tempere avec le sé-same, comme nous savons observé ailleurs (6a). On l’appelle enItalie veratrum (63). La feuille de la plante, en poudre, mêléeavec la radicule dont on fe sert pour nettoyer les laines, commenous lavons dit (64), fait éternuer ( 6 s) ; & les deux efpecesfont narcotiques. On en choiíit les racines les plus déliées (66),les plus courtes, Sc même celles qui peuvent encore avoir été rac-courcies. La partie supérieure, qui est la plus épaisse Sc semblableà un oignon, ne sert qu à purger les chiens. Les Anciens choi-íufoient la racine, dont Técorce est la plus charnue (67), pour entirer une substance plus délicate. Après savoir enveloppée d’épon-ges pleines d’eau, pour la faire renfler, ils l’effiloient avec une ai-guille, Sc saisissent ensuite séchera sombre ces filaments pour s’enservir au besoin. A présent on fait le même usage des petits rejetsqui sortent de la racine la plus épaisse. Le meilleur ellébore estacre Sc piquant (68) j quand on le rompt,il en fort de la poussière (69).On dit qu’il conserve fa force pendant trente ans.
L’ellébore noir s’administre pour la paralysie (70), la folie, l’hy-
siccum & aridum ^emutationem statiminvitat.
(6 6) Dioscoride, ibid. dit qu’on choi-íit hellébore charnu , & qui ait peu demoelle ; 8 c cela dans hune &c Tautre es-pece.
(67) Voyez la note précédente.
(68) Dioícoride, liv. 4, chap. 15 ,exige ce caractère dans hellébore noir ;mats il demande une faveur doucedans hellébore blanc, même livre,chap. 150.
Tome FIIL
(69) Confirmé par Dioícoride, li-vre 4, chap. i;o. Le Pere Hardouinpense que cette poussière est un signede vétusté dans hellébore : & il ne pa-raît point que les Anciens aient re-gardé la vétusté comme un défaut danscette plante , puisque Pline observequ’au dire des Anciens elle conservesa vertu pendant trente ans.
(70) Confirmé par Dioícoride, li-vre 4, chap. 1 ; 1.
A a a