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Tome huitieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXV. z3l

une certaine douceur. Elle croît íur les collines, dans un terreingras. La plus estimée est celle qui vient dans l’Arcadie, dans l’E-lide, dans la Messénie, íur le mont Pholoc, dans la Lycie, fur lesAlpes &c dans plusieurs autres lieux. En Lycie, on exprime le suc,& on en fait l’espece d’onguent nommé lycium ( 16). Elle a tantde vertu pour la réunion des chairs, quelle mastique ensemble, à ceque l’on prétend, les viandes avec lesquelles on la fait cuire (17). Onne fait usage que de la racine (18) dans certains cas dont nous parle-rons ,8c ou la fait prendre en breuvage, à la dose de deux dragmes,broyée dans de seau, s’il y a de la fievre, & communément dans duvin. Son suc, en décoction, s’emploiepourles mêmes maladies (151).

II y a (20) une seconde espece de centaurée a petites feuilles (21),surnommée lepton , & par quelques-uns libadion (22), parcequ’ellecroît près des fontaines. Celle-ci ressemble à l’origan (23), si cen est quelle a les feuilles plus étroites Sc plus longues. Elle a unetige anguleuse, haute d’un palme (24), & garnie de rejets, la sieurde la lykhnis , la racine mince Sc de nul usage (25-) : sa verturéside dans son suc (26). La plante se cueille en automne, Sc lesuc s’exprime des feuilles (27). Quelques-uns, pour lexprimer,après avoir concassé les tiges de la plante, les font tremper pendantdix-huit jours. Nos Elerboristes nomment cette centaurée le fielde la terre (28), à cause de son extrême amertume. Les Gauloisrappellent exacon (29), parceque son suc, en breuvage, fait évacuerpar bas tous les médicaments nuisibles (30).

(2.8) Dioscoride, in Nothis, p. 451,donne ce même nom à la grande cen-taurée.

(29) On voir que Pline a tiré l’éty-mologie de ce nom de ex Sc de agere ,puisqu’il ajoute quoniam exigat , &c.Mais il expliquoit un terme barbare

f iar des racines Latines. Or puisquea plante en question est nommée enGrec d’un nom qui signifie aquatique,je serois porté a croire que les Gaulois

lui donnoienc un nom qui expvimoitce même régime aquatique j & je neserois pas embarralíé de produire despreuves que ac, en ancien Gaulois,signifioit eau ; témoin tant de désinen-ces topographiques en acum,

(30) Apulée , cbap. 3 ; , rit. 5 , re-commande fort la petite centauréedans du vinaigre , à ceux qui auraientpris du poison.