HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXV. 40I
même quand ils auroient les yeux arrachés. II y en a de deux for-tes. La plus grande efpece a la tige garnie de rejets (40), lafeuille de la pastenade erratique ou carotte sauvage , mais pluslarge, & deux coudées de hauteur. La couleur en est blanchâtre,&c la fleur jaune. La plus petite a les feuilles du lierre {41), maisplus rondes & moins blanches. Elle a le suc acre du safran & lagraine semblable à celle du pavot. Toutes deux fleurissent à l’ar-rivée des hirondelles, & fe flétrissent à leur départ. On en tirele suc pendant quelles font en fleur j on le fait cuire doucementdans un vaisseau d’airain, avec du miel Attique fur des cendreschaudes, Le c’est un rernede souverain pour les taies des yeux.On emploie aussi ce suc tout pur dans les collyres appellés deion nom kheïidonia.
Les chiens ont trouvé l’herbe appellée de leur nom canaria (42.),avec laquelle ils fe purgent quand ils fout dégoûtes. Ils la man-gent, même en notre présence, mais de maniéré qu on ne distin-gue jamais ce que c’est, parcequon ne la voie que quand ils l’ontbien mâchée. Cette malignité du chien, a été remarquée danssillage qu’il fait d’une autre plante, plus efficace encore que lechiendent. On prétend que cet animal étant mordu par un ser-pent, fe guérit avec une certaine plante; mais qu’il ne la cueillepoint quand il est regardé par l’homme.
Les biches, plus Amples que les chiens, n’ont pas laissé de nousmontrer la plante nommée dapho-boscon (43), dont nous avonsparlé précédemment, ai n A que le sesdi dont elles usent auffi-tôcquelles ont mis bas (44),
Ce font aussi les biches, comme nous savons dit ailleurs (45),qui nous ont frit connoître le diclamne par leurs blessures, enmangeant de cette plante pour faire tomber les traits de leurscorps. Le dictamne ne fe trouve point ailleurs qu’en Crete (46).Cette herbe, quia des branches déliées , ressemble au pouliot :
(46) Ceci est puisé chez Théophraste , fJ'tJl, liv. p, chap. 16.
Tome FI IL Eee