HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXVI. 48 I
Il s’attiroit encore la confiance avec une adreíìe admirable ,tantôt promettant du vin aux malades, Sc leur en donnant à pro-pos (4), tantôt leur faisant donner de seau froide. Comme chezles Anciens, Hérophile avoit établi le premier dans la médecinela recherche des causes de la maladie ( ou la méthode rationnelle),Sc Cléophante (5) le régime du vin , Afclépiade voulut ausli fedistinguer par l’ufage de l’eau froide ; & même , au rapport deVarron, en tirer le surnom qui lui en resta (6). Il avoit encoreimaginé d’autres délicatesses, soit en faisant suspendre les lits des.malades, pour diminuer le sentiment du mal, ou procurer le som-meil, par le mouvement qu on leur imprimoit, soit en introdui-sant l’ufage des bains, qui flattoit toujours le goût des malades ;enfin en prescrivant d autres pratiques agréables, qui lui donnè-rent une grande autorité. Mais ce qui n’accrut pas moins fa ré-putation , c’est la rencontre qu il fit d’un homme cru mort, Scdont il conserva la vie en le faisant ôter du bûcher (7) ; incidentseul qui justifie bien que ce n’étoit point par de légers motifs ques’étoit faite une révolution si considérable dans la médecine. Lafeule chose dont on pourroit s'indigner, c’est qu’un homme dela nation la plus frivole (8) , Sc né fans bien , eût entrepris ainsitout-à-coup, pour l’intérct de fa fortune, de donner au genrehumain des loix de santé , qu’à la vérité bien des Médecins ontabrogées depuis. Afclépiade dut encore son succès, en partie, àplusieurs usages des anciennes méthodes , qui fatiguoient Sc tour-mentoient même extraordinairement les malades : on les acca-bloit a force de les couvrir Sc de les faire suer par toutes sortes
morrnemettoitpas de bonne humeur,Afclépiade vint à bout de l’arracherdes mains avides qui ne vouloientpoint lâcher leur proie. Le léthargi-que est reporté dans fa maison , & Af-clépiade , par ses renredes , fut rap-pelles l’ame du malade des recoins les
Terne Vili.
plus cachés du corps où elle s’étoit re-célée , animam in corporis latibulis de-litescentem provocavit.
(8) C’est-à-dire un Asiatique. Tellecteit l’idée que les Romains avoientde ces peuples. Afclépiade étoic dePmse, en Bithynie.
Ppp