Band 
Tome douzieme.
Seite
89
JPEG-Download
 

- - — "■ ■ .— —-■ ■-■■■:■ f,aw..-a>-.., -

HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVI. 89

est rejetté des bâtiments, nuisant mortellement â leur solidité par,sa mollesse. Cependant il y a des contrées entieres qui n ont,point d’autre pierre à bâtir ; témoin le territoire de Carthage enAfrique. L’air de la mer le travaille, le vent remporte en pouf-

vités, si elle est de la nature des pier-res calcinables ou vitrifiables ; cesmarques font les plus sûres & les plusconvaincantes, Une pierre calcinableest toujours moins bonne, à moinsque ce ne soit un marbre, qu’une vi-trifiable ; une d’un grain fin, à natureégale, est préférable à, une dont legrain est gros j & cette qualité étantla même, celle qui n’a pas de cavitésdoit être préférée à celle qui ën a,défaut qui est de plus à craindre lors-qu’il fe trouve fur-tout réuni à plu-sieurs des autres. Alors ces pierresfont exposées à toute l’humidité, peut-être beaucoup plus terrible lorfqu’ellevient de la mer, & qu’elle est proba-blement chargée de parties salines ;ce que Pline semble infirmer. L’onpourroit cependant opposer à ce sen-timent une observation faite par M. delaCondamine, & rapportée dans lesMémoires de l’Académie Royale desSciences, pour Pannée 1731. CetAcadémicien a remarqué que l’ai-guille de Cléopâtre, que l’on voyoiten core de son tems debout, & qui estde granit, a la face exposée an Nord-Ouest, (-Axé de la mer, & celle duSud-Ouest, regarde la nouvelleville, íont les mieux conservées, & ony distingue très bien les figures hiéro-gliphes qui y font gravées. Mais quoi-que cette pierre soit plus dure que lemarbre, les deux faces exposées auNord Est & au Sud-Est, surtout laderniere , sont fort maltraitées j elles

Tome XII.

fe calcinent à l’air, & s’enlevenr par-lâmes, enlorce q u on ne peut presqueplus rien distinguer à leurs caractères.Ainsi il ne paraît pas que ce soit desvapeurs de la mer, comme vapeurs dece r élément dont on ait le plus à'crain<dre ; mais que ce n’est en généraiqu en-qualité de parties humides , &que les vents qui en apporteront leplus, seront les plus dangereux ; cequi pourra varier suivant les climats& les pays. Un des meilleurs moyenspour préserver ces pierres de cettedestruction, seroit d’avoir recours aumoyen dont ceux de Carthage fe ser-voìent, selon Bine. La poix est trèspropre à cec usage 3 mais la couleurtriste de cette résine ne seroit pasd’une ville auffi agréable que Paris unséjour bien gracieux , si routes sesmaisons écoient ainsi enduites, & res-semblaient par-là à autant de jeux depaume dont lesmurs font ainsi enduitsd’une couleur noire, même en dehors.La chaux ne seroit pas, fans doute ,auffi à.craindre que Pline,le--fait pen-ser. L’action dé cette matière , îors-qu’elle est éteinte, n’est probablementpas auffi à craindre, qu’on pourroit lecroire. L’on ne remarque pas qu’elleagiííe fur les bois qui en font couverts,Sc les laces des plafonds 11’en fontpoint, ou très peu, attaquées lorsqu’o ndéfait de ces ouvrages long-rems aprèsquils ont écé construits. Au reste,quand elle agirait fur le bois à la lon-gue, il n y a pas, fans douce, à crain-

M