Band 
Tome douzieme.
Seite
88
JPEG-Download
 

88 NATURALIS HISTORIEE LIB. XXXVI.

est mortalitate mollitia;. Quaedam tamen loca non aliumhabent, sicut Carthago in Africa. Exercetur halitu maris,

ía plus propre à résister à l’action dufroid, de 1’humidité & des vents.Ainsi il ne faut pas toujours rejettesune espece de pierre parcequ’eile n’apas la dureté de beaucoup d’autres,ou il ne le faut faire que lorsqu onest à portée de se procurer de cellesqui font beaucoup plus dures, encorela dureté ou la mollesse d’une pierrene font elles pas toujours des marquessûres de la bonté d’une pierre. Lapierre S. Leu, que l'on emploie en si•grande quantité à Paris, est certaine-ment moins dure que plusieurs autresespeces de pierres mises en usage danscetre même ville ; l’on ne voie pas.cependant que cette pierre se dé-niante le plus vire que les autres, Cettepierre étant même aulsi unie qu’elleLest, son grain étant fin 8c homogène,il arrive de là qu’elle donne peu deprise à f humidité, ses parties s’étantapprochées par le tems, 8c ne laistancguere d’intervalles entre elles ; ce quin arrive pas souvent dans des pierresbeaucoup plus dures, mais qui, parrhétérogenéiré de leurs parties , neforment pas un tout continu 8c solide.Une grande partie de la Touraine,du Nivernois, de la Flandre , & deplusieurs autres canton? de ce pays 8cde la France, se servent d’une pierrequ’il est facile de scier, non seule-ment à la scie à dent, niais de cou-per, pour ainsi dire, au couteau lois-qu’on les tire de la carrière j,l’on voiecependant dans cous ces pays des mai-sons , des Eglises & d’autres bâtimentspuplic? bâtis de cette pierre, 5c qui

ont plusieurs siécles d’antiquité ; ainsiil faut donc restreindre beaucoup ceque Pline dit ici, & il ne le faut en-tendre que de la préférence qu’il fautapporter pour certaines pierres dures,dont quelques unes font en quelqueforte inaltérables à l’air. La facilitéque certaines pierres ont à tomber,comme ditPline, en écailles, ne vientque de ce qu’elles fout composées defeuillets qui peuvent se lever aisé-ment. Dans ces sortes d.e pierres, l’airtrouve aisément des issues entre cesfeuilles ,il porte l’humidité dont il estchargé dans certains tems. Lorsquec’est en hiver, cetre humidité venantà se geler s’y dilate, écarte ainsi cesfeuillets les uns des autres, 8c les faittomber peu-à peu par l’action répétée& alternative de contraction 8c dedilatation que les vicissitudes de l’airsouffrent, en petites lames qui entraî-nent la destruction entière ou partialede ces pierres. Les schistes, par exem-ple , ou les mauvaises ardoises quifont ainsi composés, ne résistent paslong tems dans les bâtiments, quoi-que souvent ils soient plus durs queles pierres tendres & qu’on coupepresque au couteau, dont ou vientjde parler. La molleste 8c la dureté,encore un coup, ne sont donc pastoujours les marques certaines aux-quelles on puisse décider de la bontéou de la non bonté d’une pierre ; ilsaur plutôt la chercher dans fa con-texture, & voir si elle a des feuilletsou non, si elle est d’un grain fin 8cuni, ou d’un grossier & rempli de ca -

est