histoire naturelle, liv. XXXVI. 11,
l’égard de l’enduit extérieur , pour qu’il soit lisse & brillant, ilfaut trois couches de mortier ÔC deux couches de marbre broyé.Dans les endroits marécageux, ou voisins de la mer ; pour quel’enduit ne se dégrade point, on substituera au mortier de sable,des tessons concassés. En Grece, quelle que soit la matière del’enduit, les maçons ont coutume de la broyer au mortier avec despilons de bois. Quant à l’enduit de marbre pilé, on connoît qu'ilest pilé à point, lorsque , gâché dans sauge , il ne s’attache pointà la truelle (4). Au contraire, dans les ouvrages de simple crépi,la chaux est censée dans un état convenable, lorsqu’elle tient àla truelle comme une madere glutineuse. Pour ces mêmes cré-pis , il faut laisser macérer la chaux, mais réemployer à cette ma-cération que de la chaux en motte , & non pas en poudre. EnElide, est un Temple de Minerve, où Panarnus, frere de Phi-dias , a fait un enduit de chaux fusée , dit-on, avec du lait & du,safran : ce qu’il y a de certain , c’est qu aujourd’hui même , si onmouille son pouce avec de la salive , & qu’on le frotte contre cetenduit, on reconnoît l’odeur & le goût du safran.
Moins il y a d’espacement entre les colonnes, & plus elles pa-ro issent volumineuses. Il y en a de quatre sortes ; les Doriques,dont l’épaisseur, au pied , est la sixième partie de leur hauteur ;les Ioniques, où cette épaisseur n’est que la neuvieme partie deleur élévation : les Toscanes, où l’épaisseur du pied est la septièmepartie de leur hauteur : les Corinthiennes, qui ont les mêmes pro-portions que les Ioniques ; mais elles disserent a d’autres égards,
mortier ordinaire, où l’on n’em-ploie que de la chaux tout à-faitnoyée; en échauffant au même ins-tant tout son intérieur, elle forcenéceflairement l’humidité superfluede sortir à la fois de toutes ses par-ties j elle opere une espece de cuis-son générale qui les unit, les res-serre , les condense, les fixe, & em-pêche qu’il n’y reste aucun vuide ;
» tellement qu’il n’y a plus à craindre« ni lézardes, ni gerçures, 8 c que» faction du soleil, si préjudiciable» aux autres mortiers, ne sauroit plu,» déformais produire d’autre effet sur» sa malle totale que de la durcir en-» core davantage ».
(4) Cette truelle étoit de fer, seb»Vitruve, 1 ,7, chap. 3,p. I}1 .