Ilo NATURALIS HISTORI1 L I B. XXXVI.
& è lapide coquitur, ut in Syria ac Thuriis : & è terrafoditur, ut in Cypro, ac Perrhaebis : è summa tellure &C
substance Sc la chaux étoient très ana-logues.
Pline a t-il dit avec autant de jus-teíle qu’il y avoit plusieurs especes deplâtres ? C’est ce qu’il faut maintenantdiscuter. II n’y a pas de doute qu’il yait plusieurs especes de cette pierre,mais les caractères auxquels Pline veutqu’on les reconnoiíle, sont - ils suffi-sants pour cela ? Les Naturalistes mo-dernes «'acquiesceront certainementpoint au sentiment de celui qui leíoutiendroit : que le gypse se tire desentrailles de la terre ou à fa surface,qu’il soit en grosses ou en petites mas-ses , qu’il soit dur ou tendre , il peutfort bien n’être, avec ces différentespropriétés, que de la même espece.L’estence d’une pierre n’en est paschangée pour venir dans un endroitplus on moins profond de la terre,pour varier par la grosseur ou la du-reté. Des gypses qui font semblablesà Palbârre ou au marbre, peuvent êtreeffentiellement différents, de mêmeque la pierre spéculaire , qui doit êtreregardée comme une vraie espece decette pierre. II paroît donc que Plinecònnoisifoit quelques especes de plâ-tre , mais qu’il prenoit pour plusieursespeces, des variétés de la même pier-re, & qu’il seroit impossible de les re-connoîrre même pour du plâtre, s’iln'avoit point dit en mème tems, quela pierre spéculaire étoir de ce genre,qu’eile faisoit le meilleur plâtre & leplus fin, qu’en général le plâtre seprenoit promptement, & qu’il pour-roit encore être employé alors en le
remettant en poudre , caractères aux-quels il n’est pas possible de mécon-naître le plâtre. S’il falloir le prouver,on pourrait dire que ce que Pline rap-porte , est ce que l’on observe de noSjours. Nous savons que la pierre spé-culaire donne un plâtre très blanc Sctrès fin, que c’est ce plâtre que l’onchoisit par préférence , lorsque l’onveut avoir l’empreinte de médailles,de plantes, ou de quelqu’autre corpssemblable. C’est aussi de ce plâtre doncon se sert pour la composition desmarbres factices. Le plâtre ordinaireest employé pour les enduits, les cor-niches & les bas-reliefs dont on orneles appartements, comme on le fai-soit du tems de Pline. Nous rebattonsles plâtrais de plâtre,ainsi que du temsde ce Naturaliste , pour nous en ser-vir, ce que l’on ne fait pas de ceux dechaux, différence que notre Auteuravoit certainement en vue en rappor-tant ce fait. Et s’il étoit encore néces-saire, pour prouver que le gypse dePline est le plâtre de nos jours , d’ap-porter quelques preuves, on pourroitjoindre ici les mauvais effets du plâ-tre pris intérieurement, Sc ceux queles enduits de cette pierre calcinéeprocurent, qui rendent si attentifs àn’habiter les appartements crépis deplâtre, que lorsqu’ils font bien secs,pour ne pas tomber dans des tremble-ments , des vertiges, des paralysiesmême, comme on en a eu plusieursexemples. L’on ne peut donc ne pasreconnoître â ces traits de ressemblan-ce, l’identiré de ces pierres, l’on ne
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