HISTOIRE NATURELLE, L IV. XXXVII. jji
le premier qui dédia à Jupiter Capicolin des pierres &: des cou-pes murrhines qui avoient servi à son triomphe. Dès-lors chacunen voulut avoir , & même des guéridons & des vaisseaux de ta-ble qui en fussent faits. Getce forte de luxe augmente chaquajour, puisqu une coupe murrhine qui tenoit crois fédérs (7) a étévendue jusqu a soixante & dix talents (8). Un Consulaire , buvantdans cette coupe , il y a quelques années, se passionna tellementpour elle, qu il en rongea le bord ; cela néanmoins la fit estimerencore davantage ; & il n’y a point aujourd’hui de vase murrhinqui soit d’un plus grand prix. On peut juger combien le mêmepersonnage dépensa de bien en vases de cette espece puisqu’iîen possédoit un si grand nombre, que l’Empereur Néron les ayantôtés à ses enfants après la mort de leurpere, & les ayant exposés;dans le théâtre situé au-delà du Tibre, dans les jardins de ce Prin-ce , il s’en trouva- de quoi occuper tout entier ce théâtre , que le
même Néron avoir été fort content de voir rempli de peuple *lorfqu’il y chantoit en public, pour se disposera chanter ensuitedans le théâtre de Pompée ( 9 ). II fit même ramasser les morceauxd’un vase qui s’étoic cassé , & les fit garder avec foin ,. comme sic’eût été le corps d’un Alexandre le Grand : son dessein en cela ,étoit de les donner en spectacle , afin d’exciter apparemment lesregrets de notre siécle, & lui faire envier le bonheur du siecleprécédent. Titus Petronius , homme Consulaire , étant à l’artîclede la mort, se fit apporter un bassin murrhin qu’il avoir acheté;trois cents talents (10), & le mit en pieces par dépit contre Né-ron , & pour empêcher quil n’en parât son busset. Mais Néroncomme il étoit naturel à un Empereur , surpafla tout le monde'en cette sorte de luxe ; car il donna trois cents talents d’une feule;
voit pas honte de chanter en public, tone, vie de Néron , ch. 21 & r r»;fur le Théâtre, & de conduire même (10; Environ 720000 livres demor-des chars dans le Cirque. VoyezSué- rremonnoie.