HISTOIRE NATURELLE^ L IV. XXXVII. 197
sections, comme d’avoir une efpece de soudure qui íe rend rabo-teux, ou des taches & des nuages, ou une vomique (17) cachée,ou un durillon qui se casse aisément, ou un enfoncement. Quel-quefois aussi il a une certaine rouille rousse ; d’autres fois des poilsqui le font paroître comme s’il étoit fendu. Les ouvriers cachentce défaut par la gravure. Mais on ne grave point les crystaux par-faits : d’où vient que les Grecs les nomment akenteta , c’est-à-direnon gravés. Ils ne font point de couleur á’écume , mais de cou-leur d’une eau claire &£ limpide. II faut remarquer enfin que plusun crystal est pesant, plus on en fait cas. Les Médecins croientqu il n’y a point de meilleur cautere qu’une boule de crystal pla-cée à l’oppoíìte des rayons du soleil. Mais voici une folie : il n’ya pas bien des années que Néron acheta d’une Dame Romaine ,qui n’étoit pas riche , un baífin de crystal pour la somme de centcinquante mille sesterces (18). Le même Prince ayant appris lanouvelle de la révolte qui fit fa perte, jetta par terre deux cou-pes de crystal qu il avoir, & les mit en pieces. II voulut, vengerainsi fa ruine, & empêcher qu’im autre que lui ne bût dans cescoupes. Lorfqu’un vase de crystal est cassé, on ne peut, en au-cune façon, le raccommoder. Présentement on fait des vaisseauxde verre qui ressemblent extrêmement à ceux de crystal : & néan-moins, chose étonnante, ces derniers., bien loin de diminuer, deprix, ont, au contraire , augmenté.
Après- le crystal (19) , rien n’est plus recherché ,, mais- feule-ment encore par les femmes, que le fuccin ouambre. il est mêmeaussi estimé que les pierreries ; mais le. crystal &, la murrhine le fontencore davantage, parcequ’ils fervent a boire froid. Quant a lam-bic , on ne voit pas fur quel fondement il est si recherché. Lavaine curiosité des Grecs y a donné occasion ; fur quoi je prieraile Lecteur d’agréer que je rapporte ce que. les Ecrivains decette Nation difenr deTorigine de ce corps-, parcequ’il est boaque la postérité soit instruite des choses merveilleuses qu’ils nousont transmises. D’abord plusieurs Poètes racontent que les sœurs