HISTOIRE NATURELLE, L I Y. XXXfn.j^
de Phaéchon, pleurant la mort de leur frets qui avoir été fou-droyé, furent métamorphosées en peupliers, lesquels, au lieu delarmes, rendoient chaque année l’ambre le long du fleuve Eridan,que nous appelions le Pô ; & que l’ambre a été nommé eleclrum >à cause du soleil, qui s’appelîoit anciennement Elector (zo), Lespremiers Poètes qui ont dit cela, sont, je crois , Eschyle, Philo-xene, Nicandre, Euripide, Satyrus. Mais le témoignage de notreItalie, montre que c’est une fausseté. Les plus exacts a entre cesAuteurs disent que les ifles Electrides, c’est-à-dire qui fournis-sent l’ambre, font situées dans la mer Adriatique, près des em-bouchures du Pô. Mais il est certain qu’il n’y a jamais eu danscette mer d’iíles ainsi appellées , & qu’il n’y en a point non plusqui répondent aux bouches du Pô , & où ce fleuve puiste châ-tier quelque chose. Quant à ce que dit Eschyle, que l’Eridan estdans l’Ibérie , c’est-à-dire dans l’Eípagne, & qu’il y est appeliéRhodanus autrement Rhône ; 8c , à ce que disent Euripide 8c
Apollonius, que le Rhône & le Pô fe joignent ensemble fur lacôte de la mer Adriatique ; ils font assez voir par-là leur peu deconnoissance de la géographie ; 8c ainsi on leur pardonne plus ai-sément d’avoir ignoré 1’origine' de l’ambre. D’autres Auteurs „plus modestes, ont avancé une chose qui n’est pas moins fausse;:savoir, qu’à l’extrémité du golfe Adriatique il y a, fur des rochersinaccessibles , certains arbres qui rendent cette gomme vers lecommencement de la Canicule. Théophraste dit que l’ambre fetire de la terre dans la Ligurie (z i). Charès prétend que Phaéthonmourut dans cette partie de l’Ethiopie où est le Temple de Ju-piter Ammon, qu’à cause de cela on éleva en cet endroit un Tem-ple à son honneur, où auísi il y avoir un Oracle, .& que l’arn-bre vient de ces quartiers-là. Philemon dit que l’ambre est une:matière fossile , & qu’on le tire de la terre en deux endroits de la*Scythie ; quil y en a de blanc &C de couleur de cire, qu’on ap-pelle proprement eleclrum ; & que dans un autre endroit il y èrea de jaune, qu on nomme sub alter nicum. Démostrate appelle l’ant-bre lyncurion (zz), Sc tient qu’il est fait de T urine des lynx; que