HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVII. iol
celui qui provient de l’urine des lynx mâles, est jaune & de cou-leur de feu ; & que celui qui est fait de l’urine des lynx femelles aune couleur plus foible,ouune couleur blanche. D’autres appel-lent l’ambre lincurium , & prétendent qu il est faic de l'urine decertaines bêtes d’Italie , nommées lincuries. Zénothémis les ap-pelle langez j Sc dit quelles vivent le long du Pô. Sudinès avanceque l’ambre est produit de certains arbres qui croissent en Ligu-rie. Métrodore étoit du même sentiment. Sotanès a cru qu enBretagne l’ambre découle de certaines pierres , qu’il nomme ,à cause de cela, eleclrides. Pythéas dit que les Outrons ( 2. z ),nation Germanique , habitent le long d’un bras de l’Océan, ap-pelle Mentonomon , qui a six mille stades d’étendue : qu à unejournée de navigation de là est une isie nommée Abalus 3 où lesvagues jettent lambre au printems, Sc que ce n’est autre chosequ’une eípece d’excrément donc la mer s’eít débarrassée en íeglaçant ; que les habitants s’en fervent au lieu de bois pour fairedu feu, Sc qu’ils le vendent aux Teutons, leurs voisins. Timéea cru la même chose ; mais il appelle cette isie Majìlia. Philé-mon dit que l’ambre donne de la flamme (14). Nicias prétendqu’il est fait d’un suc que produisent les rayons du soleil , les-quels , étant poussés, selon lui, avec plus de force vers la terre,lorsque cet astre est près de son coucher, laissent dans cettepartie de l’Océan une humeur grasse,, que les flots jettentensuite, pendant i-été, fur les côtes de la Germanie. Le mêmeAuteur ajoute que I’ambre fe forme d’une semblable maniéré enEgypte, & qu’il y est appelle sacal ; qu’il fe forme de memedans les Indes, Sc que les Indiens l’estiment plus que l’encens :qu en Syrie les femmes en font des tournants pour leurs fuseaux,Sc le nomment harpax ( 2.5 ) , parcequ’il attire les feuilles , lapaille, Sc les franges des habits. Théophraste dit que les vaguesde l’Océan jettent lambre fur les Promontoires des Pyrénées :c’est ce qu’a cru auísi Xénocrate, qui a écrit nouvellement là-dessus. Afarubas, qui vit encore, raconte que près de la merAtlantique est un lac nommé ^Cephifias , que les Maures appelsTome XII. C c