HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVII, 107
ble des peupliers qui verfoient l’ambre LUX environs du Pô ; &encore aujourd’hui les villageoises des pays au-delà de cesseuveporteur des colliers d’ambre , non feulement pour se parer, maisencore comme un remede ; car on tient qu’il est bon contre lesgonflements des amygdales, contre le goitre & les autres mala-dies de la’gorge, auxquelles font fort sujets les habitants de cespays , à cause des mauvaises eaux qu’ils boivent. Au reste , deCarnonte, en Pannonie, jusqu’à la côte de Germanie , d’où onapporte l’ambre, il y a environ six cents mille pas ; & cette côten’est bien connue que depuis peu. Elle a été vue par un Cheva-lier Romain qu’avoit envoyé, pour y acheter de l’ambre, Julien,entrepreneur des jeux de l’Empereur Néron. Ce Chevalier Ro-main parcourut ladite côte , examina le commerce d’ambre quis’y fait, 8c rapporta à Rome une si grande quantité de cette ma-tière , que les filets qui couvroienc l’orchestre , pour la garantirdes bêtes féroces, croient attachés avec des boutons d’ambre ; &:que les armes, les bieres, Sc tout ce qui servit aux jeux pendantun jour, étoit auíîì d’ambre. Le plus gros morceau qu’il en ap-porta , pesoit treize livres. II est Certain que les Indes produisentaustì de l’ambre. En effet, Archélaiis, jadis Roi de Cappadoce ,raconte qu’on en apporte de ce pays-là de brut, qui est encoreattaché à une écorce de pin, 65 qu’on le polit en le faisant bouillirdans de la graisse de cochon de lait. Les différentes choses quel’on voit souvent au dedans 65 au travers de l’ambre, comme fourmis,moucherons, lézards, prouvent qu’il étoit d’abord liquide ; car iln’est pas douteux que ces différentes choses se sont attachées àl’ambre lorfqu’il étoit encore frais, Sc quelles y ont été enferméeslorfquil s’est durci.
II y a plusieurs fortes d’ambre. Le blanc est celui qui a l’odeurla plus agréable ; toutefois on n’en fait pas grand cas, non plusque de celui qui est de couleur de cire. Le jaune est plus esti-mé , fur-tout lorfquil est transparent, pourvu qu’il n ait pas unbrillant trop vif : on veut qu’il ressemble au feu, mais non pasqu’il ait une couleur aussi vive que celle du feu. L’ambre le plus