HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVII. XÏI
en breuvage , ou attaché au cou , il est bon pour les difficultésd’uriner. Le même Auteur donna un nouveau nom à l'ambre jau-ne, en i’appellant chryseleclrum , comme qui diroit ambre doré :en effet, cet ambre fe trouve le matin d’une couleur très agréa-ble : de plus, il attire très rapidement la flamme ; & si on rappro-che du feu, il s’allume très promptement. Callistrate ajoute qu’é-tant attaché au cou , il guérit les fièvres & d’autres maladies :qu’étant broyé avec du miel rosat, il guérit les vices des oreilles :& qu’étant broyé avec du miel Attique, il est excellent pour ceuxqui ont la vue trouble. Pulvérisé & pris seul, ou avec du mas-tic dans de seau, il guérit les maladies de l’estomac ; enfin, l’am-bre est d’ún grand usage pour falsifier des pierreries transparentes,fur-tout des améthystes ; parceque, comme nous avons dit, on leteint en toutes sortes de couleurs..
L’opiniâtreté des Auteurs qui ont traité du Iyncur'ion, m’obliged’en parler immédiatement après l’ambre ; car quelques-uns pré-tendent que si ce n’est pas une forte d’ambre, c’est au moins unepierre précieuse. Ils disent auffiqu’il se forme de surine du lynx ( 4 ),& que cet animal, après avoir rendu son urine , la couvre aussi-tôt de terre, comme étant jaloux de futilité que les hommes enpeuvent retirer. Les mêmes Auteurs ajoutent que le lyncurion estde la même couleur que l’ambre couleur de feu, & qu’il est pro-pre à être gravé ; qu’ii attire, non seulement la paille 6c les feuilles,mais encore les lames de cuivre Le de fer : & c’est ce que Dioclès& Théophraste ont cru. Pour moije pense que tout cela est faux,& qu’on n’a jamais vu de notre tems une pierre qui fe nommâtlyncurion. Ce qu’on raconte des vertus médicinales de cettepierre n’est pas moins fabuleux ; savoir, qu’étant prise en breu-vage , elle brise le calcul de la vessie ; & qu’étant avalée dans duvin, ou seulement portée sur soi, elle préserve de la jaunisse.
Nous allons parler maintenant des véritables pierreries , encommençant par les plus nobles. Et non contents de cela , nousaurons foin, afin d’être plus utiles au genre humain, de montrer,dans Toccasion, la vanité des Magiciens au sujet des vertus qu ils
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