HISTOIRE NATURELLE, L I V. XXXVII. Zt$
fi on joignoit ensemble deux cônes par leurs côtés les plus larges.Quant à leur grosseur, elle est comme celle d’un noyau'd’aveline.
chers, jusqu’â ce que les eaux empê-chent d’ aller plus loin : les superficiesdes rochers font d’une pierre dure 8 cblanche, dans laquelle on creuse unpuits de 4, 5 , ou 6 pieds de profon-deur, avant de parvenir à la croûted’une pierre minérale, qui ressembleau minerai de fer. Alors on remplitce trou de bois, on y allume du feu,qu’on entretient aussi violent qu’il estpossible pendant l’espace de deux outrois jours, après quoi on l’cceint àforce d’eau, ce qui mollifie la pierreÔC le minéral. Le tout étant refroidi,
on recommence à creuser, puis à fairedu feu comme auparavant, la croûteminérale a rarement trois ou quatrepieds d’épaisseur ; ensuite on parvientà une veine de terre, qui court sousle rocher, l’efpace de deux ou troisbrasses, 8c quelquefois davantage. Onenleve toute cette terre : 6c fi on aréussi à trouver quelques pierres, oncontinue à creuser jusqu’à ce que leseaux empêchent d’aller plus avant ;quelquefois la veine est au - dessousde l'eau, mais on ne peut y atteindre,parcequ’on y ignore les machines usi-tées en Europe pour tarir les mines.On caste les morceaux de minerai, 8con y trouve souvent des diamants. IIcoûte beaucoup à travailler ces mi-nes , mais on est ordinairement biendédommagé j cependant, comme ondoit faire de grandes avances, cesmines ne font pas fi fréquentées queles autres, où il n ’est pas nécessaired’avoir tant de fonds pour risquer àfaire fortune.
Tome XII.
II serait’ naturel de penser que lacouleur des terres où l’on trouve lesdiamants, influeroit fut celles de cespierres. Tavernier le pensoit ainsi. Ilprétendoit que si le terroir est maré-cageux 8c humide, la pierre tire furle noir, s’il est rougeâtre, elle tient durouge, 8c ainsi des autres endroits,tantôt fur le verd 8c tantôt fur le jau-ne. II ne paroît pas cependant par leMémoire du grand Maréchal, quecette réglé soit générale. Quelquesexemples tirés de ce Mémoire, suffi-roient pour prouver le contraire. Lesdiamants de la mine de Quolure dontla terre est jaunâtre & blanche, fontd’une belle eau, vive & claire : il yen a aussi de jaunes, de bruns & d’au-tres couleurs. Ceux des mines de Ra-mi ah , Gurrem, & de Murampellée,ont, pour la plupart, une eau bleuâtre,quoique la terre de la mine soit jau-nâtre. Ceux de la mine de Curraresont très blancs en-dedans, leur écor-ce tire fur le verd pâle, & la terre dela mine est rougeâtre. La mine deRhootoot, dont la terre est noire,fournit des pierres entièrement sem-blables à celles de Currure. La terrede la mine de Ramulconeta est rouge,l’eau des diamants qu’on en tire estbelle & crystalline, leur peau est clai-re , luisante, d’une couleur pale 8cverdâtre. II en est ainsi des autres. 11paroît cependant que la terre peutentrer pour quelque chose dans lacomposition de ces pierres, comme oni’a dit plus haut : on peut le déduired’une observation du grand Maréchal,
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