LJ r. NATURALIS HISTORIAL L I B. XXXVII.
Unde & nomen indomita vis Graeca interpretatione acce-pit. Unum ex iis vocant cenchron, quod est milii magni-
avalés entiers faiíbient plus de malque les nôtres, que des Mineurs sa-vent ainsi avaler adroitement, lors-qu’ils veulent les soustraire au maîtrede la mine , pour lequel ils travail-lent. Adresie qu’ils emploient» sur-tout lorsque le diamant est d’unegros-seur considérable, & qu’il peu t êtreainsi d’un très grand prix. Tavernierparle de cette fripponnerie des mineursIndiens, & il ne dit pas qu’elle leuroccasionne d’autre mal que celui d etrepunis par leur maître, comme des vo-leurs , lorsqu’ils font par malheur poureux découverts Sc pris fur le fait. Ta-vernier rapporte encore qu’on lui mon-tra un de ces mineurs qui avoir placéune de ces pierres dans le coin de sonceil, Sc il ne dit point qu’íl en eûtsouffert. Pour empêcher ces vols, onfait travailler ces Mineurs nuds, à l’ex-ception des parties naturelles qui fontcouvertes d’un petit linge ; Sc l’on metfur cinquante personnes qui minent,douze à quinze autres qui font pourprendre garde qu’elles ne dérobentqueíques-uhesdes pierres qu’ils trou-vent dans leur travail.
11 faut doue convenir que les dia-mants anciens étoient semblables auxnôtres, Sc que tout ce que Colonne aavancé pour prouver le contraire esttrès foible, pour ne pas dire, insou-tenable. Cet Auteur a manqué mêmed’employer un endroit de Pline quipouvoitêtre favorable à son sentiment.C’est ce que ce Naturaliste rapporte ausujet des diamants de ì’isle de Chypre.Ce diamant, ainsi que celui quon ap-pelle jukrìu , à cause de sa couleur
de fer, pouvoir se percer avec un dia-mant apparemment Indien ; nous nepouvons point percer ainsi nos dia-' niants, ou il faudroit un tems infinipour le faire ; ainsi cette propriétéfembleroit mettre une différence entreles diamants de l’isle de Chypre 8cceux qu’on nous apporte maintenantdes Indes. Mais , malheureusementpour cette opinion, on pourroit répon-dre que Pline a bien senti lui-mêmeque ces diamants de l’isîe de Chypren’étoient que des especes de crystaux :ils ne convenoient, selon Pline, avecles vrais diamants, qu’en ce qu’ils enportaient le nom. Je me doute qu’onne doit entendrepar ces diamants, queces crystaux auxquelsnous donnons denos jours le nom de faux diamants,tels que font ceux que nous appelionsdiamants d’Alençon, de Digue, oun’étoient-ils que des especes de cail-loux ou pierres á fusil d’un blanc trans,parent, comme sont les cailloux deMédoc, de Roy an, de l’isle de Ré Scd’autres endroits semblables : il estétonnant que la plupart des Auteurs,poùr ne pas dire rous aient pensé queles diamants de Chypre, en fussentde vrais, après le texte positif de Pline.M. Wallerius même veut que le dia-mant jìdcrite de Pline, soit le diamantbleuâtre ou couleur d’acier que nousconnoissons. Pour moi, je pense qu’ilne faut entendre par ce nom qu’u»crystal coloré en rouille de fer, commeon en rencontre beaucoup en Bas-Poi-tou, en Basse-Bretagne , & dans lesendroits dont je viens de parler. Cescrystaux étant taillés en diamant font
nature