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Tome douzieme.
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HISTOIRE N A T U R E L L E, L I V. X X X V I I. 2.4 Z

vue sans la lasser. Et même , lorsque les yeux font assoiblis pouravoir regardé attentivement quelque chose , la vue d’une éme-raude les soulage les fortifie. Les Lapidaires n’ont rien qui

moins que ces émeraudes figurées. IIíuffiroit bien de croire qu’il y eût desémeraudes assez considérables pourservir d'yeux à la figure de marbre d’unlion, qui sans doute étoit grande , Lcpour jetter une lumière telle que lesthonds puisient à cette clarté s’apper-cevoir Sc éviter les filets qu’on ten-doit pour les prendre. II sumroit dis jed’admettre de semblables émeraudes,fans porter i’exagération jufqu’à croirequ’il y en ait de plusieurs coudées delong j ces dernieres , quand on vou-droit admettre les premières, font, àn’en pas douter, le fruit ou d’une idéeexagérée, ou ssune erreur de fait.Je croirai plutôt avec Pline qu’on apris une pierre d’une autre naturepour une émeraude. Un beau jaspeverd bien net, & d’un poli brillant &sec , pourroir être, pour bien despersonnes, peu versée^ dans la con-noissance des pierre/, une especed’émeraude.

Si ce que quelques Voyageurs ouNaturalistes, postérieurs de beaucoupà Pline, ont dit de la grandeur de cer-taines émeraudes, étoit vrai, non-feu-lement les deux émeraudes qui ser-voient d’yeux au lion du tombeaud’Hermias, mais celle que le Roi deBabylone reçut en présent du Roid’Egypte , & qu* avoir quatre coudéesde long fur trois de large, celles dontl’obélisque d’un temple Egyptien étoitfaite, celles qui formoit un pilier dutemple bâti à l’honneur d’Hercules,dans la ville de Tyr, ne feroient pas

d’une grandeur qu’on ne pût admet-tre. Berghen rapporte, d’après RodrigodeTolede,qu’il y avoitdans cette ville,lorfqu’élle rut prise par Tarik, une ta-ble d’émeraude de trois cents soixante& cinq pieds de long. De telles exagé-rations font plus connoître la crédulitéde l’Ecrivain, qui, fans critique, in-fere dans son histoire de semblablescontes, quelles ne nous donnent dehautes idées de la beauté des réglésde la nature. Sans doute que son au-teur auroit pu former des pierres decette grandeur, les obélisques d’Egyp-te, qui font d’un seul morceau de gra-nit, |& qui ont jusques à soixante piedsde haut, ( grandeur bien éloignée ce-pendant de la grandeur de cette pré-tendue table d’émeraude) peuvent enêtre une preuve, quoiqu’il ne soit pasordinaire, suivant les loix que l’Au-teur de la nature a établies, de voirdes quartiers de pierres , même de lagrandeur des obélisques Egyptiens ;mais qu’il y ait des émeraudes de lalongueur de cette table, qu’il y ait eumême des jaspes semblables, quandc’en seroit un, comme Berghen leveut, c’est ce que toute personne sen-sée ne pourra admettre, Sc il suffitbien de le penser pour les autresgrands morceaux dont il est questiondans Pline Sc dans Berghen. Les>pa-vés de la salle où Aíìuerus donna cefameux repas, dont il est parlé dans lelivre d’Esther, n’étoient fans douteque de jaspe, ou au plus de pierre d’é-meraude, VU d’une espece de quartzH h ij