HISTOIRE NATURELLE, L I Y. XXXVII. Z4.J
récrée plus agréablement leurs yeux fatigués, que la douce verdeurde cette pierre ( r). Etant regardée de loin, elle paroît plus grande,
me q-u’orj veut qu’elles aient, Sc quemalgré ces instruments, il soit pres-que impossible de tailler ces pierrestomme on veut nous faire accroireque les Indiensles taillent. On a beaunous apporter en preuve Padressequ ils avoiont d’arrondir, de polir Scde percer ces pierres de deux trousconiques, diamétralement opposés furun axe commun, il y a encore bienloin de ce travail à celui qu’il fau-droit, pour donner à ces pierres laforme que celles que Correz avoienr.On auroit beau avoir recours au temsSc à la patience de ces Indiens, il y aun point, dans les arts, qui élude cesdeux moyens, & qui les rend inuti-les , lors fur - tout que l’on veut avoirquelque chose qui approche d’un cer-tain degré de délicatesse. Au reste,quand ces morceaux auroient sortide la main des Indiens, ils ne seroientpas à comparer aux ouvrages ancienspour la grandeur Sc le volume, si ceux-ci étoient aussi vrais, qu’il n’y, a pasde doute qu’ils étoient faux . Sc il ya plus lieu de conclure avec Berquenque les émeraudes font d’ordínaireassez petites , que de croire qu’il y enait de l’énormité de celles dont í’an-tiquité parle Sc l’on peut ajouterqu’il n’y a. encore de connue qu’uneelpece d émeraude, qui varie par centaccidents qui peuvent être occasion-nés par k nature du terrein ou ellesse forment, dans les-différents que.l'òn- cite pour fournir de ess pierres. 'Lorsqu on lit dans Pline le grand'Nombre d'e ces endroits , on ne peut:
être qu étonné de vois que Tavernierprétend que i’Orient & f Europe n’onrjamais fourni d’émeraudes. SuivantPline , on tiroir des émeraudes de laScythie j de la Baótriane, de l’Egypte,de J’Ethiopie, de la Perse, du Paysdes Medes, de l’Attique, de Piste deChypre , Sc de quelques autres. Plinedésigne quelques-uns des cantons deces pays, qui les fournistoient d'unemaniéré particulière, il parle des mon-tagnes où étoient les mines, il paroîtêtre bien informé de ce qui regardoic
cette partie de l’histoire des émerau-des. Cependant Tavernier veut quePémeraude ne fe soit jamais tirée quedes Indes occidentales, du Pérou j iíétablit ainsi son sentiment.
Pour ce qui est de l’émeraude, dít-il, c’est une erreur ancienne de biendes gens de croire qu’èïle fe trouve;originairement dans TOrient, parce-qu avant la découverte de l’Améri-que, l’on n’en pouvoit juger autre-ment ^ Sc, même encore aujourd’hui kplupart des Jouaillefs Sc Orfèvres,d’abord qu ils voient une émeraudede couleur haute tirant fur le noir,ont accoutumé de dire que c'ést une;émeraude orientale , en quoi ils fetrompent, vu que jamais 1 Orient n én:a produit. Le crois bien qu avant quel’on eut découvert cette partie da:monde ,. qu’on appelle vulgairementles Indes occidentales, les émeraudes
supporroient d’Asie en Europe; maiselles venoient des sources du Royau-me dú Perou , car les Américains,,avant que nous. les. eussions connus,.