Band 
Tome douzieme.
Seite
257
JPEG-Download
 

HISTOIRE NATURELLE, LI Y. XXXVII. 1J7

II y a douze sortes d’émeraudes (2,*). Les plus belles font lesScythiques, ainsi appellées du nom du pays qui les produit. II n’yen a point qui soient d’une couleur plus force qui aient moins

observées dans les différentes especesde pierres précieuses : on ne peut pastrop aílurer quelle est la partie colo-rante de rétneraude , de même quedes autres pierres de cette nature.Ainsi 011 peut juger par-là ce qu’ondoit penser de ce que Pline dit dei’excellence des émeraudes de Piste deChypre fur les autres. Préférence qu’onne doit leur donner, que parcequ’ellesvenoient dans les mines de cuivre,dont cette iste est remplie, &c qui lui

ont fait donner le nom qu’elle porte.L’on pourroit trouver des émeraudespar fentes dans toute autre mine , &il y a tout lieu de penser qu’on enrencontre plus souvent dans des en-droits où il n’y en a point, que dansceux qui en renferment; maïs c’est unarticle de l’histoire des émeraudes quenous ignorons encore entièrement,aucun Auteur, que je sache du moins,ne nous ayant bien décrit la naturedes matières qui composent les mi-nières où ces pierres se forment ».

(a) Note tirée du Traité des PierresPrécieuses de M» Dutems, page 3 61» Avant que de nous arrêter à Ta def-,, cription de l’émeraude, il ne sera„ pas hors de propos d’examiner ee,, que les Anciens ont entendu par», émeraude, ou par ce qu’ils appel-» loient smaragdus : & , ce qui paroî-» r ra d’abord un paradoxe, j ose dou-5> ter que cette pierre précieuse leur„ ait été connue.

» La description que fhéophraste

Tome XII»

» & Pline donnent des émeraudes,»» peut convenir au péridot, au spath» fusible, au fluor, ou à la prime d’é-*> meraude, beaucoup mieux qu’àl’é-» meraude.

» Théophraste parle d’une éme-» raude de quatre coudées de long» fur trois coudées de large, envoyée,, par le Roi de Babylone au Roiw d’Egypte ; & d’un obélisque den quarante coudées de hauteur, com-is posé de quatre émeraudes. II ajoute» eiiíuite que cette pierre a de i’affi-w nité avec le jaspe , & qu’elle s’y» trouve unie dans les mêmes carrie-» res.

-- On volt bien qu’il n’est pas pro-», bable qu’il y ait eu des émeraudes« de cette grandeur ; & que celles» dont parle Théophraste doivent» avoir été des jaspes verds, ou tout» au plus des morceaux de spath vi-1» treux fusible , des primes d’éme-,, raudes, de véritables fluors. On» donne ce dernier nom à des crys-» tallisations peu dures, priímati-» ques, colorées, que l’on trouve a» l’embouchure des Volcans, quim font tendres, peu claires, mais pe-ss santés : il y en a aussi dans les filons» des mines, & quelquefois contre„ les parois ou à la voûte des grottes,,, de couleur d’émeraude, d’Ame-» thiste, de topaze. Ce font là proba-s, blement les carrières d’où ont étéss tirées les émeraudes de Théo-,» phraste.

» Quant à celles de Pline, la des-Kk