HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVII. Zjf
Des diverses sortes d’opales : défauts deces pierres: maniéréde les éprouver : de diverses pierres précieuses.
Les opales ( i ) sont fort au- dessus des béryls, & néanmoins
premier rang entre les pierres précieu-ses.
Ces louanges, & la description sur-tout , qui sont presqu’entiérementsemblables à celles que Pline fait del’opale, ne laiíïent aucun lieu de dou-ter que notre opale ne soit celle dePline. Cette assertion reçoit de nou-velles preuves, íì l'on compare le dé-tail dans lequel Pline encre fur cettepierre avec ce que les Naturalistesmodernes en disent de particulier.L’opale , selon Pline , jette plus oumoins de couleur ; cette couleur varieíelon qu’on l’expose au soleil. LesModernes ont reconnu cette augmen-tation & ce changement de couleur.Ils ont même découvert, ce qui paroîcavoir été inconnu à Pline, que ceschangements ne dépendoient que desdifférentes réfractions que les rayonssolaires souffroient en traversant cettepierre. Ils ont de plus appris, peut-êtrepar quelque expérience malheureuse,que íì l’opale se fracturoit ou se cas-soit , -cette belle variété de cou-leur n avoir plus lieu, & qu’ainsi cescouleurs ne résidoient pas dans la pier-re, mais qu’eíles croient accidentel-les, & qu elles n’étoient qu’un effetde la lumière réfractée.
Pline parie d’opales Orientales oudes Indes, & d’opales Occidentales.ou d’Europe ; il donne la préférence ,pour la beauté & le jeu des lumières,
à celles des Indes t c’est auíïì à celles-ci que nous la donnons, & il s’enfaut de beaucoup que les opales deBohême soient à comparer à cellesd’Orient.
On ne faisoit pas tant de cas , du.rems de Pline , des opales dont le-fond de la couleur tiroir fur le blancde la fleur de i’héiiotrope , ou fur ce-lui de la grêle ou du crystal ; de cellesqui avoient des tacites d’un blanc desel, qui avoient des points ou quel-ques âpretés. Nous connoiffons égale-ment des opales dont le fond varieainsi , & d’autres qui ont des défautssemblables à ceux que Pline dit serencontrer dans les opales.
La grosseur des plus grandes opalesdont Pline fait mention ne furpaííoitpas celle d une aveline, puisqu’il parleavec admiration d’une qui avoir cettegrofleur. Nos opales ne font pas aulîid’une grosseur beaucoup au-desius decelle-ci. Boot rapporte en avoir vuune de la grosseur d’une peti te noix ,qui étoitd’un blanc tirant fur le lait, 8cvariée de plusieurs couleurs. Elle etoitestimée zoo talents. Celle que M.Geríainrne voyoir qu’avec admirationétoic de la grandeur d’une piece devingc-quatre fols ou de près d’un pou-ce de diametre. C’est la feule , ditM. de Gersaint, que j’aie vu de cettebeauté dans tous les Cabinets quej’ai eu occasion de visiter. Je douce
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