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Tome douzieme.
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histoire naturelle, LIV. XXXVII. Z 77

au- dessous des émeraudes. C’est auísi l’Inde feule qui les ptoduic,Mais quoiqu elles aient été mises au nombre des pierreries les plusprécieuses, on a été infiniment embarrassé à leur assigner exac-tement le rang qui leur convient. Car elles ont le feu vif du rubis,l’éclat purpurin de l’améthyste, le verd de mer de l’émeraude ;& toutes ces différentes couleurs y brillent ensemble par un mé-lange incroyable. II y a eu des opales d’un. si grand éclat, qu ilégaloit celui des plus belles couleurs des Peintres d’autres quiressembloient à des flammes de soufre , ou à un feu d’huile. II setrouve des opales de la grosseur d’une aveline ; fur quoi je rap-porterai un événement mémorable arrivé parmi nous. On voitencore aujourd’hui une opale pour laquelle Marc-Anroine proscrivitNonius , Sénateur Romain , fils de ce Struma Nonius , que lePoète Catulle étoit si indigné de voir assis dans une chaise Cu-rule j en qualité d’Edile, & aïeul de Servilius Nonianus, que nousavons vu Consul., Ce Nonius ayant donc été proscrit, Lé s’en-fuyant , n’emporta de tout son bien que Panneau où étoit cetteopale, laquelle on fait certainement avoir été estimée vingt millesesterces (z). En quoi on ne peut assez admirer d’un côté lacruauté & l’avidité d’Antoine , de proscrire, pour un anneau, unSénateur ; & de l’autre , l’opiniâtreté de Nonius , d’aimer mieuxêtre proscrit que de perdre son anneau, tandis qu’il y a des bêtesqui, se voyant poursuivies par les chasseurs, s’arrachent elles-

blanc de lait, 8c qu’ils y reconnoiíTentle verd de l’émeraude. Cette objec-tion n’en fera pas, à .ce que je crois,une ; elle entrera plutôt en preuve del’opinioncommune, si l'on fait atten-tion que les couleurs de l’opale étantchangeantes , le fond pourra varierinfiniment, suivant que l’on ferajouer cette pierre au soleil, 8c suivantqu’on en sera affecté dans 1 instantqu’on déterminera le fond de cette

pierre, & qu’on Rattachera plus à unecouleur qu a une autre.

On tirera peut-être encore une se-conde difficulté de ce que Tavernierdit en parlant de cette pierre, qu’oan’eu trouve en aucun lieu de la tetrequ’en Hongrie ».

(z) Environ deux mille livres denotre monuoie,