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Tome douzieme.
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HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVII. J 07

de la Thrace des rubis de même couleur que les Alabandiques,& que le feu n’altere point. Théophraíle écrit qu’on trouve

qu’á route autre pierre. Cardan a malpris la pensée d’Agricola dans cet en-droit. La critique que Scalìger a faited’un paííage de Cardan , auroit étéJuste, s’ii 11e fût pas tombé Iui-mêmedans une faute considérable, en attri-buant à la pierre aímandine un éclattel qu’il peut rendre l’image de celuiqui la regarde, comme pouvoir faireun miroir. 11 paroit que Scaliger avoirencore , en parlant ainsi , le passagede Pline, ou il est fait mention d’unepierre d’Orchomene en Arcadie Sc deChio, dont on faisoit des miroirs.Scaliger attribue à Palmandine ce quiregarde une pierre différente. II estvrai que le paííage est un peu obscur,& qu’on peut facilement attribuerà -Palmandine, ce qu’il y dit d’unepierre, mise comme elle, au nombredes escarboucles. Lorsqu’on comparece paííage avec celui de Théophraste,cité par Pline, on voir que Théo-phraste ne nomme point l’almandine.Il dit feulement que l’escatboucled’Orchomene est de peu de valeur,qu’elle est plus noire que celle de Chio,& que l’on en fait des miroirs, &Pline n’entend point que cette pierre& celle d Alabanda, soient la même.II ne fait simplement que les compa-rer du côté de la couleur. Ainsi, il n’ya pas de doute que Scaliger n’ait malentendu le paííage de Pline en cepoint, comme il l’entencl mal auílidu côté de l’ufage qu’on en saisine. Cen’est point pareeque cette pierre croîtnaturellement brillante , qu’elle scr-voit de miroir, mais pareequ’on en

faisoit apparemment un miroir, en lapolissant à cet effet. On ne peut certai-nementdouter que les pierresprécieu-fss, lorfqu’elles font bien polies, nerendent par réflexion les objets qui s’ypeignent. Non-feulemenc ces pierres ,mais toutes íes autres qui prennentbien le poli, comme les agathes, lejayet, le marbre même , font un peule miroir, mais je ne crois pas que cesoit en ce sens qu’il faille entendreles passages de Pline Sc de Théophras-te. Ces deux Auteurs disent positive-ment qu’on en faisoit des miroirs. On11e doit pas cependant croire que cesmiroirs fussent comme les nôtres. Ilsdévoient fans doute plutôt ressem-bler à ceux que les images du Péroufaifoient avec une efpece de pitice,qu’ils polissoient, & qui lorsqu’elieTest exactement, rend assez bien lesobjets, lors fur - tout qu’on les placedans certaines positions qui facili-tent la réflexion des rayons de lumiè-re. Ainsi, je pense que les Ancienspolissoient les pierres d’Orchomene ,dans les mêmes vues, Sc que ces pier-res étant de couleur noire, & proba-blement d’une certaine épaisseur, ellespourroient servir de miroir jusqu'à uncertain point, Sc je crois qu’un cryf-tal brun ou noir, comme il s’en'trou-ve, étant poli, feroit un effet fem-rblable.

Le texte de Théophraste Sc de Pli-ne étant donc exactement pris mal,une différence entre l’almandine & lapierre d’Orchomene, nous jette dansune autre difficulté. Peut-on croire

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