3J2, NATURALIS HISTORIA, LIB. XXXVII.
tas , crystallina ípede , magnitudine fabas : quibus Milo-
animalj & conséquemment , que l’u~sage que les hommes en feroient pour-xoit augmenter celui qu’ils auroientnaturellement. De-làjlse sera réelle-iement trouvé des hommes assez sim-ples pour en user &s’imaginer que lesforces qu’ils se sentoient en se barrantvenoient en partie de la vertu de cespierres, & ils auront pu les mettre envogue j mais comme un tel usage n’est
pas avantageux à la personne meme ,
qu’il indique toujours une pusillani-mité, une crainte désavantageuse, lesennemis des hommes braves & coura-geux auront ensuite employé contreceux-ci cette coutume superstitieuse,& auront toujours voulu que le grandcourage & les forces surprenantes nefuííenc dues qu’à la vertu de cette pier-re : de là est peut-être venu le coureque l'on a fait fur .Milon, qui, étantle plus grand gladiateur de son rems ,devoir être en butte à ces sortes degens, amateurs par eux-mêmes de laflatterie & de cette jalousie basse quientretient si souvent entre eux un es-prit de contention même d’ani-mosité.
Mais quelle est cette pierre si fa-meuse ? Cette pierre se forme-t-eîledans l’animal même, comme les bé-soards & les égagrapiles dans i’esto»mac des chevres, des chevreaux & au-tres animaux semblables. Quoiqu’ilne fût peut être pas impossible qu’tinepierre prît naistance dans le gésier desoiseaux,il n’y a pas cependant d’appa-rence que cela soit. 11 faut, pour laformation des bésoards, que la partiesu elle se fait n.’ait qu’une force une
agitation telle qu’elíe ne puisse pasagir fur les corps mêmes dont les bé-soards ou les égragrapiles doivent etrecomposés j autrement ces corps se dé-truiraient, se broyeroient, &c pastè-roient par la voie du chile , ou parcelle des excréments. On trouve cemouvement modéré , cette forcemoyenne , dans les estomacs des ani-maux ruminants , Sc dans les autressujets à ces sortes d'amas ; mais les oi-seaux , dont le gésier est une especede meule qui broie avec force tout cequ’il renferme , ne doit pas permet-tre qu’il fe fasse de semblables corpsétrangers dans fa capacité. Ainsi il y alieu de penser que la pierre alecto-rienne n’est pas naturelle aux coqs,qu’elle ne s’y forme pas j mais quec’est plutôt quelqu’une de celles queces animaux avalent lorsqu’ils se nour-rissent ,-soit par hasard , soit que , parun instinct naturel ils en chargentleur gésier pour l’aider à broyer lesaliments.
Cela étant, comme il y a tout lieu dele penser, on ne distinguera pas aisé-ment cette fameuse pierte. Les oiseauxavalentindistinctement routes les pier-res & tous les graviers qu’ils rencon-trent. On y trouve des morceaux depierre à fusil, d'agates , de jaípes, decrystal, de verre même , & des pist-^res qui peuvent être dans les endroitsoù ils vivent. Comment donc recon-noître k vraie pierre alectorienne ? Uy a des agates qui ont quelque chosede crystallin ; le verre en a tout l’ex-térieur , &, parmi les graviers, com-bien y en a t-il qui onç un brilknt
dans