HISTOIRE NATURELLE, L I V. X X X V M. 3 j- 3
dans le gésier des chapons; elle est de la grosseur d’une feve, &ressemble au crystal. On prétend que ce fut en portant cette
qui approche de celui du crystal,quoìqu’ils n’eu soient pas réellement }De plus, la grosseur de la feve, queIon attribue à cette pierre, lui est-elleessentielle ? Non, sans doute ; elle neTa probablement que parceque cespierres, en se frottant les unes contreles autres, s’amincistent & perdentde leur grosseur. On peut donc dire quela pierre alectorienne est une de ceschimères dues au préjugé qui prendnaissance dans quelque observationmal laite, puérile & qui tombe d’elle-mêrne, ioiíqu’on l’examine suivantles loix d’une critique faine 8c éclai-rée.
On ne peut donc voir qu avec sur-prise un Auteur de nos jours mettrela pierre alectorienne au nombre desbésoards, & , oubliant apparemmentce qu’il a dit dans cet endroit, diredans un autre, que cette pierre,.qu’ilappelle par corruption akoctorios ,est une pierre imitant le coq. Deuxméprises austì considérables ne peu-vent que faire sentir combien la vé-rité a de peine à pénétrer. Rédi avoircependant, depuis long-*tems, faitconnoître ce qu’une telle pierre pou-voir erre. Cet Auteur a fait voir quecette pierre n ecoit qu’un de ces gra-viers, que non feulement les poules& les coqs ordinaires avalent, maistous les autres animaux qui ont desgésiers, & il ne pouvoir, dit-il, s’em-pêcher de rire loiiqu’il lifoit dansPline, Solin, & celui qui amis cedernier Auteur en vers, les préten-dues vertus que ces Auteurs en rap-
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portent. Wormius avoir déja dit à-peu-près les mêmes choses que Rédi ; ilavoir même eu la patience de compterles pierres qu’il avoir trouvées dansun des chapons qu’il avossouverts ;elles se meuroient à deux cents qua-tre-vingt-sept,de différentes grosseurs8c couleur, & dont treize d’une subs-tance crystalline ; quelques - unesavoienr des taches rougeâtres & pour-pres.
Wormius ne paroît avoir fait cetteremarque que conséquemment à ce
que cercains Auteurs disent de cettepierre. Ils ne se contentent pas desmarques que Pline reconnoît, ils veu-lent encore qu’elle ait quelquefois desveines de sang. Sans doute que cesveines de sang ne sont que celles quela pierre a naturellement. Tout lemonde sait que les agates ou agares-onyx , font souvent ainsi colorées, 8Cque ces prétendues veines ne fontpoint dues à du stng. Elles pourroientcependant l’être à quelque liqueur ca-pable de pénétrer la substance de cespierres, comme l’on a vu à l'Âcadé-mie en 1754 des pierres semblablestrouvées dans le gésier d’une autrucheque M. Hérissant y apporta ; que plu-sieurs de ces pierres y étoient teintesd’une matière verdâtre , qui probable-ment n’étoit que quelque suc excré-mentiel analogue à la bile, qui lesavoic ainsi pénétrées, de façon que lasalive n’emportoit pas cette couleur,Au reste , quelle que soit la cause decette couleur, on ne doit pas en tirerde grands avantages pour fa vertu ; 8c
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