3 $6 NATURALI S HISTORIA LIB. XXX V II.
Ab animalibus .cognominantur, carcinias marini cancricolore, echitis vipera:, scorpitis scorpionis aut colore, aut
entier , elle représente un œil quiregarde fixement & en ligne droite ;si la pierre a été taillée en biseau, &quelle ait ainsi une direction oblique,l’œil est de côté & semble regarder detravers. En un mot la Nature & l’Artformeront une variété infinie de cespierres, fans parler de celles que Tonpourroit occasionner en réunifiantplusieurs de ces pierres ensemble , ouen les enchaflant dans des globes demétal ou d’autres maderes, comme Al-drovande a fait, ce qui leurdónne réel-lement la figure d’un œil ou de plu-sieurs yeux joints ensemble ; mais tou-tes ces finesses de l’Art ne font que desamusements d'Artistes industrieux, oude Naturalistes soilvent trop crédules.
L’on augmenteroit encore bien plusréellement le nombre de pierres ocu-laires , si on vouloir transporter leurnom à une pierre qui en porte un quiest celui d’une maladie dont presquetous les hommes font attaqués, Lestaches blanches dont cette pierreest parsemée , si la matière qui lesforme sur -t out s’éleve 8c fort horsde la surface de la pierre , ont paruà un grand nombre des Naturalis-tes , représenter au mieux les pustu-les de la petite vérole , ce qui les a en-gagés à leur donner le nom de pierrede petite vérole , ou de pierre picot.Ce dernier nom est celui que la petitevérole porte dans plusieurs provincesde la France. Si les taches ne formoientpas de tubercules , Kundman veutqu’on appelle ces pierres faufies pier-res de petite vérole , parcequ’elles ne
représentent pas bien alors les. pus-tules de cette maladie. Lorsque lestaches de la pierre de petite vérolefont ainsi plattes , elles me paroifientapprocher autant des pierres oculai-res , que des pierres de petite vérole ,lors principalement que ces tachesfont composées de plusieurs couchesconcentriques. Ces tubercules ou cestaches ne font que des parties d’une
matière qui est plus dure que celledont le fond de la pierre est fait, puqui l’égale en dureté. Ainsi lorsquedes morceaux des rochers dont lespierres de petite vérole ont fait par-tie , viennent à être roulés , soit parles torrents qui tombent des mon-tagnes , soit par les rivières ou lesfleuves , le fond de la pierre s’use plu-tôt que la matière qui fait les tuber-cules , si cette matière est réellementplus dure , ou ces deux matières s’li-sent également , si elles font d’uneégale dureté. Dans le premier cas, lapierre doit être hériflée d’éminences
& de tubercules ; dans le second Selle ne doit avoir que des taches plat-tes j celle-ci fera la faufle ; la pre-mière , la vraie pierre de petite vé-role. Cette explication est fondée furce que les Auteurs disent de cettepierre, & sur ce que j’ai observé moi-même. Les Auteurs disent toujoursque la pierre de petite vérole est enpetite masse. C’est presque toujoursdans des rivières ou fur leurs bordsqu’on rencontre de ces pierres ; c’estdans la Sila , riviere de la Suifle , queScheuhzer a trouvé celles dont ú