HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXXVII. 397
II y a d’autres pierreries qui tirent leurs noms des animaux;comme la carcinias (6), qui est de la couleur de f écrevisse demer (7) ; Téchitis ( 8 ), qui est de la couleur de la vipere (9) ; laícorpite, qui est de la couleur, ou même de la figure du scorpion j
parle : c’est sur les bords de la Du-rance que l’on en trouve en France,& fur ceux de la riviere qui passe àMágelone , ville auffi en France , &de la province du Languedoc , com-me il est rapporté dans la lettre 51de Bruckman , où cec Auteur traitede cette pierre. Celles que j’ai vues ,se tirent de la Seine ou des terres voi-sines , qui font remplies d’un graviersemblable à celui que l’on tire du seinde cette riviere, lors fur- tout que l’ony fouille à une certaine profondeur,ce qui est une preuve que celui desterres qui font proches , doit y avoirété anciennement apporté par les eauxde cette riviere ; cette observationpeut aussi servir à expliquer pourquoion en trouve dans les environs de plu-sieurs âtres villes & villages hors dela France. Ce n’est peut-être , parexemple, que par cette cause que l’onen trouve près Lubec en Rasse-Saxe,aux environs de Belendorp , villagepeu éloigné de cette ville, dans ceuxde Lucerne en Suisse , de Lucera,ancienne ville d’Icalie j ce n’est peut-être aussi , que parceque ces pierresont été apportées par les avalaifqnsd’eau dans des rems de fortes pluies.Cette cause est même celle qui doittrès souvent les porter dans les fleu-ves ; l’on fait qu’eiles y en charrient ungrand nombre d’autres ; elles peuventy être auffi entraînées par les eaux dessources de ces rivières , lorsqu’ellesforment, comme celles de la Dor-
donne, des chutes assez considérable^& aííez rapides, ou quelles coulentle long des montagnes , & quellesen détachent de tems en rems desparties de rochers qu’elles roulent en-suite , & usent en les frottant les unscontre les autres. J’ai fait la premiersde ces deux dernieres observations àla source de la Dordonne. Les mon-tagnes des monts d’or où cetre rivierefort de terre , font composées d’unepierre bleuâtre parsemée de tachesblanches, & dont la grandeur variebeaucoup. Lorsque ces pierres oncété roulées pendant un certain tems yelles ressemblent entièrement à unepierre picor. II y en a dont la surfaceest relevée d’une quantité de tuber-cules plus ou moins gros , & je nedoute point que la pierre de Viterbeen Italie , ne donne ainsi naissance àcelle de la petite vérole , s-’il y a auxenvirons quelques rivières , qui re-çoive les eaux qui tombent des mon-tagnes voisines, ou si cesmontagnes,par leur hauteur , donnent de la ra-pidité à ces eaux , & ainsi de la forte „pour augmenter les frottements queces pierres souffrent en se choquantles unes & les autres.
11 fuit de certe théorie , qu’il 11’y apas , proprement dit , de pierres âqui l’on puifle donner le nom depierre de petite vérole, préférable-ment â routes autres. Toute pierre dequelque nature qu elle fort, peut avoirce nom dès qu’elíe fera en petite