404 NATURALIS HISTORIEE LI B. XXXVII.
Lycophthalmos quatuor est colorum, ex rutilo sangui-
empreints dans ces pierres lorsqu’el-les étoient encore molles:' La difficultéque nous trouvons maintenant à re-connoître les poilTons dont on a desempreintes dans différentes especes depierre, donne lieu de soupçonner queles Anciens se sont peut être un peutrop avancés en caractérisant ainsi cespoissons. Ceux des Modernes qui veu-lent que les empreintes de poiíïonsne soient qu’un jeu de la Nature , nedoivent pas, en conséquence, cher-cher à constater l’espece des postionsquelles représentent, ceux qui por-tant leurs vues un peu plus haut,avouent que ces empreintes font duesà des postions, se partagent en deuxsentiments ; les uns veulent que cespoissons soient d’eau douce, les autresles regardent comme ayant appartenuà la mer. Ceux ci remontent juíqu’audéluge universel , pour expliquer lacause qui les a enclavés ainsi dans despierres. Les autres admettent que cespoissons en suivant les fleuves & lesrivières qui pénétrent dans l’intérieurde la terre , y font souvent laisses, &ainsi pris dans les glaises & les autressubstances terreuses qui serment lespierres. Ces deux dernieres opinionspeuvent se soutenir, en modiíìantce-pendant un peu la derniere. L’on saiequ’il y a des fleuves qui se cachentsous terre , souvent même pour n’yplus reparaître, il y a des étangs sou-terrains qui contiennent des poisons ;ainsi il peut bien se faire que dans cesdeux cas , & dans le dernier sur-tout,il se fasse des amas de matières ter-reuses, au milieu desquels il se trouve
des postions, qui n’ayant pu en sor-tir , y ont péri & y ont laissé leursempreintes ; mais est-ce à cette causeque l’on doit toujours rapporter laformation des pierres où l’on trouvedes postions. On ne peut pas raison-nablement le croire, puisque l’on voltsouvent avec ces poissons des coquil-les , que l’on ne doute nullement êtrede mer. Ainsi il est plus que probablequ’il peut y avoir des empreintes de
postions d’eau douce ou de mer. E 11accordant ceci, est-il cependant fa-cile de reconnoître les poissons à quices empreintes font dues ; celles quel’on peut rapporter aux poissons ma-rins , doivent être très difficiles à ca-ractériser , puisque les coquilles qu’ontrouve dans les mêmes cantons , fontde celles que l’on pêche maintenantdans les mers des Indes & non dansles nôtres. Les poissons , par consé-quent , doivent être des mêmes metsque ces coquilles , & comme nous neconnoissons gueres ces poissons , il estpresque impossible jusqu à présent deles reconnoître dans leurs empreintes.
Si, comme plusieurs Naturalistes lepensent, les plantes qui font emprein-tes dans les pierres , font auffi desplantes étrangères, & même de l’Amé-rique, les postions qui font dans lesmêmes carrières , feront donc auffidifficiles à déterminer que les pre-miers. 11 résulte de là qn’il y a doncencore bien peu de certitude sur cettematière ; l’obscurité est même d’autantplus difficile à dissiper, que comme onn’a que des empreintes on ne pourroirtout au plus qu’affigner le genre de