HISTOIRE NATURELLE, L I Y. XXXVII. 417
y a une infinité de noms de pierreries ; mais je n’ai pas desseinde les rapporter , d’autant que la plupart ont été inventés par lavanité des Grecs. Aussi, après avoir parlé des pierreries les plusnobles, & aussi de celles qui, quoique d’un moindre prix, ne laisssent pas d etre rares, je me fuis contenté de marquer celles quiméritoient qu’on en fît mention. Sur quoi il fera bon d’avertir leLecteur, qu’une même pierre a souvent changé de nom, selonla diversité des taches & des inégalités qui y font survenues,& selon les différents contours 6c les différentes couleurs des li-gnes qui y ont paru de nouveau.
Nous ferons maintenant quelques observations qui regardenttoutes les pierreries en général. Celles qui font creuses, ou fai~tes en bosse, ne font pas si estimées que celles dont la surface estégale & unie. Quant à la figure, on recherche le plus celles quifont oblongues ; ensuite celles qui font en forme de lentille ; puiscelles qui fonc rondes : mais les anguleuses sont les moins esti-mées. C’est une chose très difficile que de distinguer les pierreriesfines d’avec les fausses ; car on a trouvé fart de transformer despierreries fines en de fausses d’un autre genre. On fait des fardoi-nés avec trois fortes de pierreries, 6c cela de telle façon, qu’onne sautoir découvrir la tromperie ; tant on fait bien choisir lesplus belles couleurs en noir, en blanc 6c en rouge. II y a mêmedes livres, qu’à la vérité je ne voudrois montrer à personne, danslesquels est expliquée la maniéré de donner à un crystal la cou-leur de Fémeraude , ou d’autres pierres transparentes, de faired’une cornaline une fardoine, &: de transformer plusieurs autrespierres en d’autres ; 6c il n’y a point de tromperie d’un plus grandprofit que celle-là.
De Vépreuve des pierres fines .
Mais, fans nous arrêter plus long-téms à cette matière, & in-dépendamment de ce que nous avons déja dit fur chacune desprincipales pierreries, nous allons enseigner la maniéré de difcer-Tome XII. Gee: