Band 
Tome douzieme.
Seite
450
JPEG-Download
 

4 J Q . - Additions au Commentaire

TRAITÉ

De l’ usage des fléchés empoisonnées.

Paris/l. de Paw.

Nos & sagittas tingimus,! ae ferro ipsi nocentius aliquid damus.

J Plin. Hijl. Nat. lib. i S , cap. i.

3/. : i. Ungere tela .manu ,, ferrumque armare veneno. Virgile.

inférerons dans, ce Traité un Mémoire fort détaillé fur

.i"'-' r- %

lès fléchés empoisonnées dont se font servi presque toutes lesNations sauvages des deux hémisphères. Cetre discussion, qui in-téresse ss intimement l’humanité, nous rapprochera de FHistoire

Naturelle,, dons nous ne nous écartons jamais qua regret, parce-que nous sentons de plus en plus combien il vaut mieux d’ossrirau Lecteur de-s faits,que des raisonnements, qui, quelque justesqu’ils soient, pnt toujours des contradictions à essuyer.

L’emploi des armes envenimées est de la plus haute antiquité,Le étoit connu en Asie plusieurs siécles avant Alexandre, en Italieavant la fondation de Rome, & en Amérique, long-tems avantl’arrivée de Christophe Colomb. Le premier Européen qui s'iin-clina pour ramasser de For fur le rivage du Nouveau Monde, futtué avec une fléché empoisonnée ( i ).

Ce fatal secret a précédé, dans tous les pays l’invention dufer : lorsque les dards armés de pierres, de dents, de cornes, &darrêtes étoient des instruments trop foibles pour subjuguer ourepousser les bêtes féroces, on eut recours au poison, qui, d’a-jbord réservé pour la chasse, a été dans la fuite des tems employédans les guerres nationales des Sauvages. On trouve cependantdans FHistoire quelques Peuples qui n ont pas usé de venin con-tre leurs ennemis, quoiqu’ils s’en servissent journellement contreles animauxtels font les ançiçns Gaulois, qui envenimoient les

( * )- Le Comte de Fogéda,