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Tome douzieme.
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de V Histoire Naturelle de Pline . 45} .

femelles, d’une nuance rougeâtre, font rangées en chaton furun même épi : son fruit est une baie sphérique, tres charnue, suc-culente, & peinte fur l’épiderme comme la pêche chauve : fousla pulpe on découvre une noix raboteuse, inégalé, qui a depuisfix jusqu a douze logements, &c un noyau dans chacun quand lefruit est parfait j mais cela est rare, ces noyaux étant fort sujetsà avorter, comme il arrive à tous les fruits qui ont plusieurs cloi-sons dans leurs capsules séminales. Les feuilles de cet arbre fu-neste reífemblent à celle du poirier : mais elles contiennent unesubstance laiteuse, qui transpire par faction de la chaleur, com-me on l’observe dans tous les végétaux laclescents. Quand cesfeuilles suent au grand soleil, on n’ose manier les branches :quand le soleil ne darde pas dessus, on peut cueillir les fruits &:examiner l’arbre à son aise. Cependant il y a toujours de la témé-rité à fe reposer fous des mancanilliers, & principalement quandils fleurissent, à cause de la poussière prolifique qui tombe co-pieusement du grand nombre des fleurs étaminées : bailleurs larosée, qui rince les feuilles, venant à découler, corrode tout cequelle touche.

Les Sauvages qui vont inciser le tronc de ces arbres, ont foinde fe couvrir le visage, de peur que l'éjaculation de la feve neles aveugle ou ne les frappe dune mort subite : enfin, ils em-ploient les mêmes précautions que les Africains, qui extraient lagomme liquide de l’euphorbier. On reçoit le suc fluide du man-canillier dans des coquilles arrangées au pied du tronc, & aprèsque cette liqueur est un peu épaissie, on y trempe la pointe desfléchés, qui acquièrent par-là la propriété de donner la mortla plus prompte possible à tout animal qui en est légèrementblessé ou même égratigné. On a essayé de ces dards en Europe,cent cinquante ans après qu’ils. avoient été empoisonnés enAmérique j . & l’on a vu, avec le plus grand étonnement, que levenin n’avok presque pas dégénéré au bout d’un siecle & demLLes premiers Espagnols qui voulurent soumettre les Caraïbes,ayant sauvent ressenti les esters de ces traits eurent recours, a uneinfinité de contre-poifons, êc s imaginèrent enfin d en avoir trouvé