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Tome douzieme.
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4j 8 Additions au Commentaire

atteint par la fléché, l’activité da suc dont elle est imbue étantfi grande, qu’un homme blessé qui devroit aller à cinquante paspour chercher le contre-poifon, tomberoit mort avant que detrearrivé au but. Lorfqu’on lance , par le moyen d’une sarbacane,,de ces alenes à des singes perchés au haut d’un arbre , ils expi-rent dans l’instant même de leur chute, &ù ne vivent plus en tou-chant la terre : les tigres, ainsi blessés , font deux ou trois tours,& tombent fans vie.

Un voyageur qui fe fentiroit, par malheur, frappé d’une deces pointes, au centre d’une forêt de l’Amérique , &: qui ne fe-roit point à portée de fe procurer au plus vite du sucre ou du sel,n’auroit d’autre- restource que de sucer sa plaie , 8c même de l’ou-vrir avec un couteau pour y faire entrer la salive, 8c en extraire

jusquaux moindres atomes de la substance acide.

J’ai déja fait remarquer que l’Amérique produit plus d’arbres rem-plis d’une feve venimeuse que les trois autres parties du mondeconnu : j’en aurois même inféré ici la liste, si je n’avois craint detrop m’écarter du sujet principal. Je me contenterai donc de dé-crire encore l’ahouai-guacu, dont le suc sert aux mêmes usagesque celui du mancanillier, & de la liane des marais.

L’ahouai est un grand arbre (8) , toujours verd , d’un beauport, qui croît aux istes & dans le Continent austral de l’Amé-rique : ses fleurs incarnates, du genre des monopétales réguliè-res , ressemblent, à quelques petites nuances près , à celles dunerium , ou du laurier-rose , qui est de la même famille ; ellesfont suivies par des fruits en poire, qui renferment un osselettriangulaire , & fort dur, dans lequel est cachée une amande,qui, étant desséchée , résonne comme la pierre d’aigle ou l’aétite.Cet arbre contient un suc laiteux , extrêmement acre & nuisi-ble. II est bien étonnant que la Nature n’ait produit aucun végé-tal lactescent, dont le lait, pris à une certaine dose , ne soit un

(8) On connoît en Amérique deux petit, qu on nomme ahouai-mìri ; i!especes d’ahouais, le grand, auquel sert aux mêmes usages,on donne l’cpithete de guacu , 8c le