de l’Hifloire Naturelle de Pline. 4^7
Funestes ; mais il faut, comme on l’a dit, qu’il parvienne au sangvif, Fans quoi il n’opere pas, &: ne fauroit opérer.
Les symptômes qu’on observe dans les personnes mortes dessuites de semblables blessures, ne disserent pas de ceux qu’en-traîne la morsure d’une vipere. Le sang caillé, se déposant dansles gros vaisseaux, les distend, & y produit un gonflement ex-cessif : d’un autre côté, la lymphe jaune, s’introduisant dans lescapillaires, fait paaroître fur la peau des taches livides &: desmarbrures.
On peut employer, contre le suc du curare , le sel &; les dif-férents contre-poisons indiqués à l’article du mancanillier. Quantau sucre de cannes, qui a la réputation d’être un très puissantspécifique, & plus puissant que le sel même, il n’a pas fait enEurope les effets qu’on en obtient en Amérique, comme le sa-vent tous les Naturalistes qui ont eu connoissance des essais faitsà Leyde, en 1744, avec des fléchés empoisonnées, rapportéesdu Nouveau Monde par M. de la Condamine, qui piqua, enprésence de, feu M. Musschenbroek, & de MM. Van Swieten SiAlbinus, deux poulets; celui à qui on ne fit pas avaler du sucre,expira en six minutes ; l’autre , auquel on en donna, mourutseulement quelques instants plus tard. II se peut que la différencedes climats, & le froid qui étoit fort sensible lorsqu’on tenta cesexpériences au mois de Janvier, aient empêché ce préservatif d’o-pérer en Hollande, comme on lavoir vu opérer quelque temsauparavant à Cayenne, située dans la Zone torride, ou l’on asouvent sauvé, avec le sucre, des hommes & des animaux bles-sés par des traits imprégnés du venin de la béjuque (7). 11 estpossible aussi que, dans les expériences de Leyde, on tarda trop àservir le rernede qu’on doit prendre immédiatement après avoir été
(7) Nous laissons aux Médecins dans l’instanr même qu’on I’avale ;le foin de nous expliquer par quel rné- car la vivacité du venin ne laide paschanisme le sucre de cannes produit à l’estomac allez de tems pour digérerdes effets si surprenants. H semble ce sucre,que cette substance agiíïe sur le sang,
Tome XII. M m m,