Band 
Tome douzieme.
Seite
460
JPEG-Download
 

4^0 Additions au Commentaire

l’usage des armes empoisonnées dans la plupart des iíles de l’O-céan Indien, & le long des cores, depuis l’Arabie jusqu à la Chine.Les Mogols, étrangers dans flndoustan, n’ont point adopté cettepratique des pays conquis : quelques autres peuples l’ont aussi vo-lontairement abandonnée j comme les Arabes, qui étoient jadisde redoutables pirates entiers, à cause du venin de leurs javelines.Aujourd’hui il n’y a plus dans l’Arabie que quelques dévots bri-gands qui, pour assassiner des hommes à l’honneur du Prophète,trempent encore les lames de leurs poignards.

On n’a pas le signalement du sujet végétal d’où les anciensArabes Acites &. les brigands modernes ont extrait la maderevénéneuse ; mais il y a beaucoup d’apparence que c est d’un sous-arbuste lactescent & racértieux , qu ils nomment, en leur langue ,chark , Lc qui croît abondamment fur le Golfe Persique. Sa vi-rulence va jusqu a la contagion : quand le vent le frise ou le se-coue , il communique à i’air ambiant une qualité très nuisible,& à-peu-près comme ïkippuris , & la conserva dans nos climatspendant les grandes chaleurs. Chardin dit que cet arbuste estnommé, en Perse, gulbat-famour , ou fleur qui empoisonne levent (io) : il porte des grappes pleines d’un lait fort épais & ex-cessivement caustique.

Dans la péninsule du Gange, a Malaca, au Pégu, fur les cô-tes de la Chine, dans les istes de Java & de Sumatra, on trouveîes crics & les canjares ; ce font des poignards larges de troisdoigts à la lame , ôc de la longueur de nos bayonnettes , qui s’em-manchènt, pour ainsi dire , dans la main , par une poignée ter-minée en pointe d’échelle : on pose les doigts fur le premier rayon,&: le pouce fur le second. Ces instruments, communément em-poisonnés jusqu’à la moitié de la lame, font, après les stilets Ro-mains en fourchette , les armes déloyales les plus dangereusesqu’on puisse imaginer. Quand les pèlerins Indiens ou Mahomé-

(10) Voyagé de Perse , tome III , /?, 11 , in- 4 0 .