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Tome douzieme.
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de rHifloire Naturelle de Pline. 46 z

on en a éprouvé en Europe, Se les expériences n’ont que tropdémontré que le fait rapporté par le frere de Tavernier n’est pasune fiction, comme on l’a prétendu si long tems. II dit que $um-baco qui étoit Roi de Macaíìar vers l’an i660, essaya un de cestraits fur un Anglois , condamné à mort pour crime d’assassmat :ce Prince se fit donner sa canne creuse , la chargea d'une fléché*& demanda à Tavernier dans quel endroit il vouloit; qu on bief-sât le criminel, à qui on permit d’employer, d’abord après lecoup, tous les moyens imaginables pour’ se sauver 5 s’il le pou-voir. On fit venir à cet effet deux Chirurgiens, un Anglois Sc unHollandois, armés de leurs bistouris : Tavernier pria alors Sumbacode blesser le patient au gros orteil du pied droit; ce qu’il fît'avecune adresse plus convenable à un bourreau qu'à un Roi. A peinela pointe, élancée de la canne , eut atteint le but, que les deuxChirurgiens coupèrent précipitamment l’orteil , comptant quec’étoit le vrai moyen d’arrêter faction du poison, relativement aureste du corps ; mais quand l’amputation fut faite, i’Anglois ex-pira dans des convulsions (14).

Ce fait prouve à la fois la force effectivement momentanéedu venin, Sc l’inhabilité plus effective encore des deux Chirur-giens. Ils auroient dû sur-le-champ serrer la jambe du criminel, yfaire de profondes incisions, y verser des alkalis volatils, & enfaire prendre à l’intérieur. L/amputation , quand même on l’eûtfaite à la cuisse, eut été dans ce cas aussi inutile que dans milleautres.

Après cette cruelle exécution, l’affaísin Sumbaco dit que lui fèul *dans toute son iíle, connoissoit le véritable préservatif de ses flé-chés , qui ne lui furent pasd’un grand secours , puisqu en 1665les Hollandois vinrent abattre fa forteresse en un jour, par septmille boulets de canon.

11 paroxt que c’est fans fondement qu on a soutenu que ce con-

(14) Voyage des Indes. Livre z , chap. 19, tome x*