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Tome douzieme.
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46L Additions au Commentaire

sure est la racine du safran dï tierra, ou le curcuma ; ce qui mefait présumer que ce spécifique peut auífi servir concre les bles-sures des traits Javanois.

La coutume de se teindre le corps en jaune avec l’infusion ducurcuma , si commune chez les Indiens, n’est point un caprice demode, ou une parure folle & bizarre , mais une pratique salu-taire contre la piquure des serpents &c des insectes. Les mœurs,ainsi que le culte religieux des nations, tiennent toujours au phy-sique du climat, par un endroit qui n’échappe qu aux yeux d’unobservateur mal habile. Le rocou , dont on se peint en Améri-que , y produit à-peu-près les mêmes effets que le curcuma dansles Indes Orientales : au moins savons-nous que cette substancecolorante est un antidote dans bien des cas, qui n’ont pu tromperTinstinct des Sauvages.

C’est dans fille de Macaslar qu’on possede, au rapport de tousles voyageurs, le plus horrible secret pour l’empoisonnement desarmes. II y croît un arbre pernicieux, qui n’est pas du genre desmancanilliers, mais de celui des allouais Américains, d’où il dé-coule un miellat brûlant & vénéneux qui dévore ceux qui se re-posent sous ses branches. II ne faut cependant ajouter aucunecroyance à ce qu’Argenfola rapporte à ce sujet (13) : il soutientque du côté de l’Occident sombre de ces arbres est mortelle, sil’on n’a foin d’aller se poser du côté de l’Orient, où sombre estle remede du premier venin : ce conte est si puérile, qu’Héro-dote & Elien sauroient dédaigné. Les végétaux nuisibles qui ontune forte transpiration , comme les lactescents , font plus dan-gereux du côté que le soleil darde que de sautre ; & voilà à quoise réduit le merveilleux de l’Auteur Espagnol. C’est avec le sucdistillé de cette espece d’ahouai qu’on envenime les petites flé-chés à sarbacane , qu’on connoît sous le nom d ’alenes de Ma-cajjar , & qui agissent avec une promptitude presque incroyable :

(1 z) Conquête des Moluques , tome I, p. j o.